Glossaire

A

Age d'exposition
Entre le moment ou elle est éjectée de la surface de Mars par l'impact d'un astéroïde ou d'une comète et le moment ou elle échoue sur Terre, une météorite martienne erre un certain temps dans l'obscurité glacée de l'espace interplanétaire. On peut déterminer cette durée en étudiant les dégâts provoqués au sein de la pierre par les rayons cosmiques. Pendant son séjour dans l'espace, la météorite est effectivement bombardée par des particules à haute énergie qui forment le rayonnement cosmique (ce dernier est cependant stoppé après quelques mètres).
En déclenchant des réactions nucléaires, les rayons comiques donnent naissance à de nouveaux éléments, des noyaux cosmogéniques (le magnésium 24 se transformant par exemple en néon 21), dont l'abondance permet de déduire le temps que la météorite a passé dans l'espace.

Age terrestre
Le moyen le plus efficace pour connaître la durée du séjour d'une météorite sur Terre est d'avoir observé sa chute. Malheureusement, de nombreuses météorites échouent sur notre planète en l'absence de témoins. Les scientifiques ont cependant mis au point plusieurs techniques permettant de connaître le temps passé par une météorite à la surface de la Terre. L'une d'elles consiste à étudier les isotopes radioactifs produit par le flux de neutrons (résultant de l'interaction des rayons cosmiques avec la matière), comme le carbone 14 (14C) ou l'aluminium 26 (26Al).

Allotriomorphe (synonyme xénomorphe)
Terme désignant un minéral dont les cristaux présentent une forme quelconque, non caractéristique de son système cristallin. Ce phénomène est généralement du au fait que le développement du cristal au sein du magma a été contrarié par la présence de cristaux voisins déjà formés. La forme du cristal est donc contrôlée non pas par son système cristallin, mais par l'arrangement et l'orientation des cristaux préexistants entourant le cristal en formation.

Amphibole
Famille très complexe de silicates ferromagnésiens hydratés cristallisant dans le système monoclinique. La classification des amphiboles, passablement subtile, repose sur les teneurs en fer (Fe), magnésium (Mg), calcium (Ca) et sodium (Na).

Apatite
Phosphate de calcium cristallisant dans le système hexagonal, et répondant à la formule Ca5(PO4)3(OH, F, CL).

Automorphe (synonyme idiomorphe)
Terme désignant un minéral dont les cristaux sont parfaits, limités par des faces cristallines planes. Le développement de ces cristaux à partir d'un magma s'est fait librement et n'a pas été contrarié par la présence de cristaux environnants déjà formés. La forme d'un cristal automorphe dépend donc uniquement de son système cristallin.

B

Barytine
Sulfate de baryum cristallisant dans le système orthorhombique, de formule BaSO4.

Baddeleyite
Oxyde de Zirconium cristallisant dans le système monoclinique de formule ZrO2.

Basalte
La plus connue des roches volcaniques terrestres. Les basaltes sont des roches noires, à texture microlitique, composées principalement de plagioclases et de clinopyroxènes (augite), ces derniers pouvant être accompagnés suivant le cas d'olivine, d'hypersthéne, de magnétite et d'ilménite. Les basaltes peuvent aussi contenir de petites quantités de quartz et de feldspathoïdes. Laves très fluides, les basaltes sont émis vers 1100-1200°C et se solidifient aux alentours de 1000°C.

Biotite
Mica noir, présent par exemple dans le granite.

Brèche d'impact
Agglomérat de fragments de roches préexistantes soudés entre eux, et formés au moment de l'impact d'un corps rocheux (météorite de grande taille, astéroïde, etc) avec la surface de Mars. Les très hautes pressions et températures générées lors de cet événement fracassent les roches (certaines pouvant être liquéfiées sous l'effet de la chaleur, ou vitrifiées), les morceaux se ressoudant entre eux lors du refroidissement pour former des brèches.

C

Calcite
Carbonate de calcium, cristallisant dans le système rhomboédrique et répondant à la formule CaCO3. La calcite est un constituant majeur de certaines roches sédimentaires, comme les calcaires.

Célestine (synonyme célestite)
Sulfate de strontium, cristallisant dans le système orthorhombique et répondant à la formule SrSO4.

Champ de dispersion
Distribution au sol des fragments provenant de l'explosion d'une météorite. Les éléments résultant de la dislocation de la roche dessinent une ellipse, les fragments les plus petits se déposant en premier, tandis que les fragments les plus volumineux se retrouvent en tête d'ellipse.

Chalcopyrite
Sulfure de cuivre et de fer cristallisant dans le système quadratique de formule CuFeS2.

Chassignite
Classe de météorites martiennes, dont le spécimen type est la météorite de Chassigny, tombée en 1815 près du village français de Chassigny. Les chassignites sont des cumulats très riches en olivine, proches des dunites terrestres et formés dans les profondeurs de la planète Mars. La première chassignite découverte, qui a aussi été la première météorite martienne connue, est âgée de 1,3 milliards d'années.

Chlorapatite
Phosphate de calcium et de chlore appartenant au groupe des apatites, cristallisant dans le système monoclinique ou hexagonal, et répondant à la formule Ca5(PO4)3Cl.

Chlorite
Famille complexe de silicates hydratés ferromagnésiens cristallisant dans le système monoclinique. Les chlorites résultent de l'altération de minéraux ferromagnésien (comme la biotite).

Chromite
Oxyde de fer et de titane (pouvant parfois contenir du magnésium) appartenant au groupe des spinelles et cristallisant dans le système cubique. Sa formule chimique est Fe2+Cr2O3.

Claste
Terme désignant un fragment de cristal ou de roche inclus dans une autre roche.

Clinopyroxène
Série de pyroxènes cristallisant dans le système monoclinique. Ses membres sont classés en fonction des teneurs en calcium (Ca), sodium (Na), fer (Fe) et magnésium (Mg).  Les formes les plus connues sont l'augite et la pigeonite.

Coésite
La coésite est une variété de silice qui ne se forme qu'à haute température et très haute pression (à partir de 30 kbars). Moins dense que la stishovite, sa présence indique cependant un choc très violent. Il n'est donc pas surprenant de retrouver la coésite dans certaines météorites.

Cristallisation fractionnée
Dans une chambre magmatique en refroidissement, les minéraux ne cristallisent pas tous en même temps. Les cristaux se forment dans un ordre bien défini, décrit par la série de Bowen. Le premier minéral à cristalliser n'est autre que l'olivine, dont l'assemblage donne alors naissance à une roche très riche en fer et en magnésium (roche ultramafique), la péridotite. Les pyroxènes cristallisent ensuite avec les feldspaths plagioclases calciques (assemblage mafique). Viennent ensuite les amphiboles, les plagioclases calco-sodiques (assemblage intermédiaire) et les micas noirs (biotite). Enfin, les derniers minéraux à cristalliser sont le quartz, les feldspaths sodiques et potassiques, ainsi que les micas blancs (muscovite). L'assemblage produit est de type felsique.

Croûte de fusion
Fin vernis noir recouvrant fréquemment la surface d'une météorite. La croûte de fusion est un élément caractéristique d'une météorite, et sa seule présence atteste bien souvent de la nature extraterrestre d'une roche. Lors de la traversée de l'atmosphère terrestre, la surface de la météorite est portée au rouge et rentre en fusion. Au cours du refroidissement, les matériaux brûlés donnent naissance à une pellicule noire et très fine, que l'on appelle croûte de fusion. Cette dernière est assez fragile. Sous l'effet de l'érosion, elle peut virer au brun (la météorite est alors beaucoup plus délicate à reconnaître), voire carrément disparaître. On distingue la croûte de fusion primaire, formée par la vitrification de la surface de la roche lors de la rentrée atmosphérique, de la croûte de fusion secondaire, qui apparaît sur les cassures lorsque la météorite n'a pas pu éviter la fragmentation explosive sous l'effet des fortes contraintes qui caractérisent sa chute.

Cumulat
Roche formée par l'accumulation dense d'un ou plusieurs minéraux, qui ont sédimenté après leur cristallisation au fond d'une chambre magmatique.

D

D/H
Lorsque l'on extrait quelques gouttelettes d'eau d'une météorite martienne, il est tentant de lui attribuer une origine martienne. Les atterrisseurs Viking ont montré que le rapport deutérium/hydrogène de l'atmosphère martienne était cinq fois plus élevé que le rapport terrestre. Si l'eau incluse dans la météorite montre un rapport élevé, il est probable qu'elle provient de la surface martienne. Les choses se corsent si le rapport est proche des valeurs terrestres. Dans ce cas, l'eau peut toujours être martienne, mais elle provient alors d'un réservoir (comme le manteau) ou la signature D/H est différente de celle de la surface. Cependant, la météorite a également pu rentrer en contact avec de l'eau terrestre lors de son séjour sur notre planète. Quand le ratio D/H est similaire à celui de la Terre, les chercheurs sont incapables de distinguer le terrestre du martien, et ils ne peuvent écarter le spectre d'une contamination.

Diabase
Terme désignant des dolérites altérées de teinte verte. Parfois simplement synonyme de dolérite dans la littérature anglo-saxonne.

Diabasique (texture)
Texture caractérisant des roches magmatiques ou les minéraux sont enchevêtres les uns dans les autres, et où certains cristaux de minéraux ferro-magnésiens (pyroxènes, olivine) sont inclus dans des cristaux de feldspaths plagioclases (une situation contraire à celle rencontrée dans la texture dite ophitique).

Dolérite
Roche magmatique intermédiaire entre les gabbros (texture grenue) et les basaltes (texture microlitique). Les dolérites sont des roches massives et compactes, de couleur gris-noir ou vert sombre. Sous l'effet de l'altération, elles deviennent verdâtres.

Doléritique (texture)
Une roche qui possède une texture doléritique est composée de nombreuses cristaux en baguettes (plagioclases) appuyés les uns sur les autres et noyés dans une matrice constituée de cristaux plus petits ou de verre.

Dunite
Variété de péridotite composée de 90 à 100 % d'olivine.

E

Exsolution
Transformation d'un cristal homogène en un assemblage cristallin hétérogène, composé de l'intime imbrication de plusieurs espèces minérales (en général deux).

F

Feldspath
Riche famille de silicates d'aluminium (Al), de potassium (K), de sodium (Na) et de calcium (Ca). On distingue deux grandes familles de feldspaths : les feldspaths alcalins qui contiennent du potassium et du sodium (orthose, microcline, sanidine) et les feldspaths plagioclases ou calco-sodiques. Ces derniers sont situés chimiquement entre un pôle très riche en sodium (albite) et un pôle très riche en calcium (anorthite) : du plus sodique au plus calcique on trouve l'albite, l'oligoclase, l'andésine, le labrador, la bytownite et enfin l'anorthite.

Feldspathoïdes
Silicate voisin d'un feldspath, mais appauvri en silice (sous-saturé). Il ne peut se former en présence de quartz. Les feldspathoïdes forment un groupe renfermant les minéraux suivants : néphéline, leucite, analcime, sodalite, noséane et haüyne.

Fusion partielle
Le mécanisme de la fusion partielle peut-être considéré comme l'inverse de celui de la cristallisation fractionnée. Lorsque la température d'un matériau rocheux augmente, tous les minéraux ne rentrent pas en fusion en même temps (d'où le terme de fusion partielle). Les premiers minéraux à fondre sont ceux dont la température de fusion est la plus basse (quartz, feldspaths potassiques et sodiques, micas blancs), tandis que les autres (plagioclases calco-sodiques et calciques, micas noirs, amphiboles, pyroxènes, olivines) vont rester sous forme solide. Si le magma ainsi formé parvient à s'échapper, il donnera naissance en refroidissant à des roches felsiques (granite ou rhyolite, selon que la cristallisation a lieu lentement en profondeur ou rapidement en surface). Si la température à laquelle est porté le matériau rocheux initial est plus importante, d'autres minéraux iront rejoindre la phase liquide. Cette dernière contiendra alors non seulement les minéraux felsiques (quartz, feldspaths potassiques et sodiques, micas blancs), mais également des amphiboles, des micas noirs et des plagioclases calco-sodiques. Le magma n'aura alors plus la même composition et en refroidissant, il formera d'autres types de roches. Si la température est suffisante, on peut ainsi arriver à la fusion totale du matériau rocheux original ...

G

Gabbroïque
Désigne une texture équivalente à celle du gabbro (roche volcanique grenue) composé de cristaux imbriqués les uns dans les autres. On distingue également la texture micro-gabbroïque (microgrenue intersertale), ou les cristaux sont de plus petites tailles que dans la texture gabbroïque.

Goethite
Oxyde de fer hydraté, cristallisant dans le système orthorhombique, et répondant à la formule FeO-OH. La goethite peut se déshydrater pour donner de l'hématite.

Gypse
Sulfate de calcium hydraté, cristallisant dans le système monoclinique et répondant à la formule CaSO4, 2H2O.

Greigite
Sulfure de fer cristallisant dans le système cubique et répondant à la formule [FeFe2S4].

H

Hématite
Oxyde de fer cristallisant dans le système rhomboédrique et répondant à la formule Fe2O3.

Hollandite
Forme de haute pression de feldspaths résultant de l'impact météoritique.

I

Iddingsite
Silicate ferromagnésium hydraté rougeâtre provenant de l'altération des olivines. L'iddingsite est parfois rattaché au groupe des serpentines.

Ilménite
Oxyde de titane cristallisant dans le système hexagonal de formule FeOTiO2.

Intersertale
Texture qui se rencontre dans les roches volcaniques, et qui est caractérisée par la présence de cristaux automorphes de plagioclases jointifs qui ménagent entre eux des espaces occupés par un matrice (mésostase) vitreuse ou très finement cristallisée (cryptocristalline), ou parfois par des minéraux secondaires.

J

K

Kaersutite
Amphibole cristallisant dans le système monoclinique de formule chimique Na Ca2 (Mg, Fe2+)4 Ti(Si6 Al2) O22 (OH)2.

Kamacite
Alliage de fer et de nickel cristallisant dans le système cubique. La kamacite, qui contient entre 4 et 7,5% de nickel, se rencontre couramment dans les météorites métalliques.

L

Lherzolite
Les lherzolites sont des roches grenues (minéraux visibles à l'œil nu) appartenant au groupe des péridotites. Elles sont donc principalement constituées de minéraux ferromagnésiens foncés (olivine, pyroxènes), d'où leur couleur verte sombre à noire. On trouve également d'autres minéraux minoritaires : spinelle, grenats (pyropes) et amphiboles (hornblendes). Les lherzolites tirent leur nom de l’étang de Lherz en Ariège ou elles sont très abondantes.

Limburgite
La limburgite est une variété de basanite (roche possédant l'aspect d'un basalte), et renfermant des feldspathoïdes. La limburgite contient des phénocristaux d'augite, d'olivine et de magnétite dans un verre à feldspathoïdes et plagioclases. Elle forme des laves en coulées souvent associées à des basaltes à olivine.

M

Macle
Une macle est une association de cristaux de même nature, qui se révèle la plupart du temps à l'examen microscopique. Elle peut concerner deux cristaux (macle simple) ou plus (macle multiple ou polysynthétique). Les minéralogistes distinguent deux types de macles : les macles naturelles, formées au moment de la naissance des cristaux, et les macles mécaniques (ou tectoniques), liées à une déformation ultérieure du cristal.

Maghémite
Oxyde de fer de formule Fe2O3, qui possède la composition de l'hématite, mais qui cristallise de façon similaire à la magnétite (d'ou son nom de maghémite, formé par la réunion de la magnétite et de l'hématite).

Magnétite
Oxyde de fer appartenant au groupe des spinelles et cristallisant dans le système cubique. Sa formule chimique est Fe2+(Fe3+)2O4 (soit plus simplement Fe3O4). La magnétite peut contenir jusqu'a 7 % de titane. Elle prend alors le nom de titanomagnétite (
Fe2O3-FeTiO3).

Marcasite
Sulfure de fer cristallisant dans le système orthorhombique de formule FeS2.

Maskelynite
Au moment de l'éjection de la surface martienne, les roches subissent un choc considérable et certains minéraux peuvent se transformer. C'est en particulier le cas des plagioclases, qui, sous l'effet des hautes pressions (au moins 30 Gpa), donnent naissance à un verre, la maskelynite.

Mégacristal (mégacristaux)
Terme désignant un cristal de grande taille, souvent automorphe, enchâssé dans une matrice à grains fins. Contrairement au terme phénocristal qui implique une cristallisation à partir du magma initial, le terme mégacristal n'a pas de connotation génétique.

Merrillite
Phosphate de calcium et de magnésium, répondant à la formule Ca18Mg2(PO4)14 et présent dans certaines météorites.

Mésostase
Matière composée de très petits cristaux ou de verre remplissant les interstices existant entre les cristaux des roches volcaniques. Ce terme est aussi utilisé d'une manière plus générale pour désigner les ciments aphanitiques renfermant de grands cristaux.

Métamorphisme de choc
Transformation d'une roche suite à l'élévation de température et/ou de pression provoquée par l'impact d'un astéroïde. Certaines horloges atomiques (par exemple potassium/argon, rubidium/strontium) utilisées pour dater une roche de manière absolue peuvent être réinitialisées après un choc important, ce qui complique fortement les datations : l'âge mesuré n'est alors effectivement plus celui de la cristallisation de la roche, mais celui de l'impact.

Les pressions énormes auxquelles est soumise la météorite au moment de l'impact laissent souvent des traces indélébiles : veines de choc et poches de fusion (fractures ou poches dans lesquels s'est infiltré un liquide silicaté résultat de la fusion d'une partie de la roche), transformation de certains minéraux en phase de haute pression (par exemple stishovite ou hollandite), déformations mécaniques des cristaux (extinction ondulante, apparition de macles tectoniques, de fractures).

Les différents niveaux de chocs que peut avoir subi une météorite martienne sont les suivants

  • Stade 1 (S1) : pierre non choquée (pression jusqu'à 5 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection, un giga Pascal représentant une pression équivalente à 10 000 atmosphères).
  • Stade 2 (S2) : pierre très faiblement choquée (pression de 5 à 10 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection) : les cristaux d'olivine présentent un assombrissement irrégulier lorsqu'ils sont observés en lumière polarisée. Présence de fractures planaires et irrégulières, différentes des plans de clivage naturels le long desquels les cristaux se fissurent.
  • Stade 3 (S3) : pierre faiblement choquée (pression de 15 à 20 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection) : les cristaux d'olivine présentent des fractures. Présence de poches sombres de verre de fusion, ainsi que des veines noires de choc.
  • Stade 4 (S4) : pierre modérément choquée (pression de 30 à 35 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection) : les cristaux d'olivine présentent des fractures planaires. Présence de poches sombres de verre de fusion, ainsi que des veines noires de choc.
  • Stade 5 (S5) : pierre fortement choquée (pression de 45 à 55 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection) : les cristaux d'olivine sont fortement fracturés et déformés. Les cristaux de plagioclases sont amorphisés en maskelynite. Présence de poches sombres de verre de fusion, ainsi que des veines noires de choc.
  • Stade 6 (S6) : pierre très fortement choquée (pression de 70 à 90 giga Pascal lors de l'impact responsable de l'éjection) : les cristaux d'olivine subissent une recristallisation, et s'altèrent en un minéral appelé ringwoodite. Les cristaux de plagioclases sont transformés en verre.
  • Au-delà, pour des pressions encore supérieures au stade 6, la roche se transforme en verre, que l'on nomme verre d'impact.

Métasomatisme
Modification de la composition chimique globale d'une roche suite à l'apport d'éléments chimiques par une phase fluide.

Meteoritical Society
Organisme international seul habilité à répertorier et classer les météorites.

Microlitique
Terme s'appliquant à des roches (le plus souvent volcaniques) dont la structure est caractérisée par la présence de nombreux microlites (petits cristaux microscopiques en forme de baguettes ou de lattes), orientés ou non.

N

Nakhlite
Classe de météorites martiennes, dont le spécimen type est la météorite de Nakhla, tombée en 1911 près du village égyptien de El-Nakhla. Les nakhlites sont des cumulats à grains fins composés principalement de clinopyroxènes (clinopyroxénites) et d'une petite quantité d'olivine. Ces deux minéraux sont noyés dans une matrice constituée de plagioclases, de feldspaths alcalins, de pyroxènes, d'oxydes, de sulfures et de phosphates. Les nakhlites semblent avoir subi sur Mars une altération en présence d'eau, comme l'atteste la présence de minéraux hydratés (amphiboles, argiles, iddingsite) et de sels (carbonates et sulfates). L'origine des nakhlites n'est pas connue avec certitude : selon les scénarios, ces météorites se sont formées dans les profondeurs de la planète Mars, ou à sa surface. Leur age avoisine les 1,3 milliards d'années.

Nunatak
Montagne ou piton rocheux perçant et s'élevant au-dessus des calottes glaciaires ou des inlandsis (nappe de glace de grande étendue). Les nunataks possèdent généralement des parois très raides, conséquence de l'érosion glaciaire intense qu'ils subissent. Ils sont communs en Antarctique, ainsi qu'au Groenland et au Canada.

O

Olivine
Silicate ferromagnésien, souvent de couleur vert olive, répondant à la formule générale (Fe, Mg)2SiO4. La variété sans fer, qui représente le pôle magnésien, s'appelle forstérite. Quant à la variété sans magnésium, qui représente le pôle ferreux, elle se dénomme fayalite. L'olivine se forme à hautes pressions, en l'absence d'eau, dans des milieux déficitaires en quartz.

Ophitique
Se dit d'une texture ou de grands cristaux de pyroxènes englobent de petites baguettes (lattes) de plagioclases.

Orientation
On parle de météorites orientées lorsque la pierre
a gardé la même orientation durant la traversée de l'atmosphère terrestre, sans tourner sur elle-même dans toutes les sens. Les météorites orientées possèdent une forme bien particulière, qui permet de reconnaître la face qui "frottait" sur les couches d'air durant la descente vers la surface terrestre.

Orthopyroxène
Série de pyroxènes cristallisant dans le système orthorhombique, variant entre un pôle magnésien (enstatite) à un pôle ferreux (non représenté dans la nature). La forme intermédiaire la plus connue est l'hypersthène (30-50 % de magnésium), de formule (Fe, Mg)2(SiO3)2, qui prend le nom de bronzite lorsque la quantité de magnésium tombe à 10-30 %.

Oxygène (signature isotopique)
Au sein d'une météorite martienne, le rapport des isotopes stables de l'oxygène (170 et 180) est bien différent de celui des roches terrestres ou des autres classes de météorites
. Cette signature particulière ne prouve pas en elle-même que les météorites martiennes viennent effectivement de Mars, mais elle permet de les grouper au sein d'une même famille, en attestant de leur origine commune. En résumé, la signature isotopique montre simplement que les météorites martiennes sont toutes issues du même astre, sans qu'il soit identifié (cette étape a nécessité d'autres techniques ...).

P

Pentlandite
Sulfure de fer et de nickel cristallisant dans le système cubique de formule (Fe, Ni)9S8.

Péridotite
Roche magmatique grenue, le plus souvent vert noirâtre, composée de minéraux ferromagnésiens, dont une grande partie d'olivine. A côté de ce minéral, on trouve des pyroxènes et des spinelles, parfois accompagnés d'amphibole, de biotite et de grenat. Font partie des péridotites les dunites (plus de 90 % d'olivine), les lherzolites (40 à 90 % d'olivine, clinopyroxènes et orthopyroxènes) et les wehrlites (40 à 90 % d'olivine, clinopyroxènes).

Phénocristal (phénocristaux, synonyme de phénoblaste)
Cristal de grande taille, souvent automorphe, présent dans les roches magmatiques. Les roches contenant des phénocristaux possèdent une texture porphyrique.

Picrite
Terme désignant un basalte comportant des cristaux de grande taille bien visibles à l'oeil nu d'olivine et présentant une texture porphyrique. Sur Terre, la teneur en olivine des picrites peut s'expliquer par leur origine. Elles peuvent effectivement provenir de la fusion partielle, à haute température, d'un matériau riche en olivine telle qu'une roche appartenant au manteau. Les picrites sont également parfois le résultat d'une remobilisation de cristaux d'olivine accumulés en couche sur le plancher d'une chambre magmatique (des remous magmatiques arrachent des cristaux d'olivine qui se retrouveront ensuite incorporés dans une roche). Dans ce cas, les cristaux d'olivine sont alors considérés comme des xénocristaux. Le terme picrite ne devrait pas être utilisé pour décrire une météorite martienne riche en olivine.

Plagioclases
Variété de feldspath calco-sodiques contenant du sodium (Na) et du calcium (Ca).

Pœcilitique
Caractérise un minéral dont le cristal (dénommé oïchocristal) contient en inclusion de nombreux autres petits cristaux (chadocristaux) d'un autre minéral. Une texture pœcilitique signe une cristallisation étalée dans le temps, étant donné que les chadocristaux ont forcément cristallisé avant l'oïchocristal qui les enserre.

Porphyrique
Terme s'appliquant à des roches magmatiques dont la structure est caractérisée par la présence de larges cristaux noyés dans une pâte aphanitique (sans cristaux visibles).

Porphyroblaste
Terme désignant un cristal de grande taille, souvent automorphe, enchâssé dans une matrice à grains fins, et formé lors d'une recristallisation à l'état solide pendant une période de métamorphisme.

Pyrite
Sulfure de fer cristallisant dans le système cubique, et répondant à la formule FeS2.

Pyroxène
Silicate ferromagnésien pouvant contenir, en proportions variables, du calcium (Ca) et du sodium (Na). Les pyroxènes peuvent cristalliser dans le système orthorhombique (orthopyroxènes) ou monoclinique (clinopyroxènes).

Pyrrhotite
Sulfure de fer cristallisant dans le système hexagonal ou monoclinique, faiblement magnétique, de formule Fe7S8. La pyrrhotite est issue de la transformation de la pyrite sous des hautes pressions.

Q

R

Regmaglyptes
Lors de la traversée de l'atmosphère terrestre, sous l'effet de l'intense chaleur dégagée par les frottements, les météorites subissent des ablations importantes. Ces dernières laissent à la surface des pierres cosmiques des marques caractéristiques, les regmaglyptes, qui ressemblent à des traces de pouce dans de la pâte à modeler.

Rutile
Oxyde de titane cristallisant dans le système quadratique de formule TiO2.

S

Serpentine
Silicate cristallisant dans le système monoclinique ou orthorhombique, organisé en lamelles (antigorite) ou en fibres (chrysotile). La serpentine provient de l'altération et/ou du métamorphisme de l'olivine et de certains pyroxènes.

Shergottite
Classe de météorites martiennes, dont le spécimen type est la météorite de Shergotty, tombée en 1865 près du village indien de Shergotty. Les shergottites sont les météorites martiennes les plus répandues. Ce sont des roches très jeunes (150 à 200 millions d'années), qui montrent souvent des traces intenses d'un métamorphisme de choc. Elles ont été divisées en deux principaux sous-groupes : les basaltiques et les lherzolitiques.

  • Comme leur nom l'indique, les shergottites basaltiques sont proches des basaltes terrestres. Ces météorites sont constituées de cristaux de clinopyroxènes (augite, pigeonite) et de plagioclases (souvent choqués en maskelynite) noyés dans une pâte composée d'olivine, d'orthopyroxènes, d'oxydes, de sulfures, de phosphates et de verres. Certaines shergottites semblent avoir subi sur Mars une altération en présence d'eau, comme l'atteste la présence de minéraux hydratés et de sels (carbonates et sulfates). La texture peut-être à gros grains, ou à grains fins, et certaines shergottites exhibent plusieurs lithologies.
  • Quelques unes des shergottites sont enrichies en olivine, et semblent différentes des shergottites basaltiques ou lherzolitiques. Ces roches, semblables aux basaltes alcalins terrestres (riche en olivine), constitueraient selon certains géologues un troisième sous-groupe (shergottites picritiques).

Sidérite
Carbonate de fer cristallisant dans le système rhomboédrique et répondant à la formule FeCO3

Silice
Silicate très simple composé d'un atome de silicium et de deux atomes d'oxygène (Si02). La forme la plus connue de la silice est le quartz. On peut cependant trouver d'autres variétés qui ne se forment qu'à très hautes pressions (par exemple stishovite).

Stishovite
La stishovite est une variété de silice extrêmement dense qui ne se forme qu'à très haute pression (à partir de 75 kbars), comme celles que l'on rencontre à des centaines de kilomètres de profondeur. Lorsqu'elle est présente en surface, la stishovite indique généralement qu'un évènement d'une rare violence a eu lieu (explosion nucléaire, impact météoritique).

Spinelle
Oxyde d'aluminium et de magnésium cristallisant dans le système cubique de formule MgAl2O4. Les spinelles forment également un groupe qui contient, outre la spinelle elle-même, d'autres oxydes du système cubique (magnétite, chromite).

Subautomorphe (synonyme hypidiomorphe)
Cristal possédant des faces planes (dont la croissance n'a pas été entravée par des cristaux déjà en place) ainsi que des faces quelconques (dont le développement a été contrarié par des cristaux préexistants), qui ne sont donc plus représentatives du système cristallin.

T

Tectite
Matériau vitreux issu d'un impact météoritique, souvent vert translucide ou noir, et pouvant être éjecté à grande distance du cratère. Sous la chaleur dégagée par l'impact, une partie du socle rocheux fond et des gouttelettes de matériau en fusion sont projetées dans les airs. Au cours de la traversée de l'atmosphère, ces gouttelettes vont se refroidir et prendre en masse, en adoptant le plus souvent des formes aérodynamiques (certaines ressemblent à des perles, d'autres à des larmes). Certaines tectites sont très recherchées par les collectionneurs, comme les moldavites, qui proviennent du cratère de Ries en Allemagne et que l'on retrouve à plusieurs centaines de kilomètres de distance en Tchécoslovaquie.

Terres rares (synonyme lanthanides, REE)
Groupe de 15 éléments métalliques appartenant au groupe des lanthanides, présents en faible concentration dans certaines roches (bien qu'en terme de concentration au sein de la croûte terrestre, ils ne soient pas rares), et qui sont d'une aide précieuse pour les géochimistes. L'étude de la distribution des terres rares permet par exemple de comprendre l'histoire de la cristallisation d'un basalte; de suivre le processus de cristallisation fractionné d'un magma, ou de déterminer l'origine de certains matériaux sédimentaires. Les éléments rentrant dans le groupe des terres rares sont : le lanthane, le cérium, le praséodyme, le néodyme, le prométhium, le samarium, l'europium, le gadolinium, le terbium, le dysprosium, l'holmium, l'erbium, le thulium, l'ytterbium et enfin le lutécium. S'y rajoute également le scandium et l'yttrium. Les géochimistes distinguent les terres rares légères (LREE) et les terres rares lourdes (HREE).

Troilite
Sulfure de fer cristallisant dans le système hexagonal de formule FeS.

U

Ultramafique (synonyme ultrabasique)
Caractérise une roche magmatique contenant moins de 45% en poids de silice (Si02). Les roches ultramafiques ne contiennent donc pas de cristaux de quartz, mais sont par contre très riches en minéraux ferromagnésiens. Parmi les variétés grenues, on trouve les péridotites (40 % ou plus d'olivine) et les pyroxénolites (60 % ou plus de pyroxènes). Dans les variétés microlitiques, on peut citer la picrite (olivine dominante).

Ulvöspinelle
Oxyde de titane et de fer cristallisant dans le système cubique et répondant à la formule TiFe2O4

V

W

Wehrlite
Variété de péridotite composé de 40 à 90 % d'olivine et de clinopyroxènes.

Whitlockite
Phosphate de calcium, de fer et de magnésium cristallisant dans le système rhomboédrique, et répondant à la formule Ca9 (Mg, Fe+2) (PO4)6 [(PO3(OH)].

X

Xénocristal (xénocristaux)
Terme désignant un minéral qui n'a pas cristallisé à partir du magma initial, mais qui a été incorporé à ce dernier à partir d'une source externe (roche encaissante, masse déjà cristallisée dans un autre secteur de la chambre magmatique). Les xénocristaux sont opposés aux phénocristaux, qui eux proviennent du magma initial.

Y

Z

Zircon
Silicate de zirconium de formule ZrSiO4, cristallisant dans le système quadratique, et utilisé en joaillerie lorsqu'il est de qualité gemme.

 

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