Los Angeles (Crédit photo : Ron Baalke)

Los Angeles 001/002

chute observée trouvaille

Date :
Lieu :
Poids :
Age :
Type :

30 octobre 1999
Los Angeles (Etats-Unis)
698 g
170 millions d'années
Shergottite
(enrichie, mafique, diabasique)

A la fin de l'année 1999, Bob Verish, un collecteur de météorites averti, décide de faire un peu de ménage parmi les pierres de sa collection qui traînent au fond d'une sombre arrière cour. Il y a 20 ans, au cours d'une randonnée dans le désert de Mojave en Californie, Verish avait ramassé deux pierres de nature basaltique, d'un poids respectif de 452,6 grammes et 245,4 grammes. Une partie de leur surface était d'un beau noir brillant, et notre géologue amateur avait jugé les deux cailloux assez intéressants pour les ajouter à sa collection. Depuis, les deux pierres avaient été rangées avec beaucoup d'autres dans des caisses et laissées à l'abandon.

Entre temps, Bob Verish s'était trouvé une passion pour les météorites. Lorsqu'il remet la main sur ses anciennes trouvailles, l'aspect inhabituel des pierres lui saute immédiatement aux yeux. La surface noire brillante ressemble à s'y méprendre à une croûte de fusion, et Verish suspecte les deux roches d'être des météorites. Pour s'en assurer, il découpe deux tranches minces dans les roches et les apporte séance tenante à l'université de Californie. Or surprise, les analyses confirment non seulement la nature météoritique des deux pierres, mais également une origine martienne !

L'analyse pétrologique et géochimique ne tarde effectivement pas à montrer que les grains d'apatite contiennent de l'eau dont le rapport isotopique deutérium/hydrogène est bien différent du rapport terrestre, et similaire au rapport D/H des météorites martiennes. Des traces d'un choc particulier violent sont également notées (les plagioclases sont transformés en maskelynite). Les cailloux entassés dans l'arrière cour de Bob Verish proviennent donc bien de la planète rouge ! Baptisée Los Angeles, cette météorite est la deuxième pierre martienne trouvée aux Etats-Unis (la première étant la météorite Lafayette, découverte en 1931). Comme dans le cas de Los Angeles, l'origine martienne de cette dernière n'avait pas été immédiatement mise en évidence : Lafayette avait elle aussi dormi pendant de nombreuses années dans l'obscurité d'un tiroir, avant d'être reconnue à sa véritable valeur ...

D'un point de vue pétrographique, Los Angeles a l'aspect d'un basalte, et elle a donc été classée parmi les shergottites basaltiques. La météorite se compose de 43% de plagioclases choqués en maskelynite, de 38% de pyroxènes riches en calcium et de 4% d'olivine (fayalite). Parmi les minéraux accessoires (9 % au total), on trouve des oxydes (magnétite, ilménite), des phosphates (whitlockite, apatite, chlorapatite), des sulfures (pyrrhotite) et des verres. Un pyroxène (pyroxferroite) s'est apparemment décomposé pour donner une association symplectique d'olivine (fayalite), de hedenbergite et de silice. Lors de l'impact qui l'a éjecté dans l'espace, la météorite a été chauffée à une température de 450° à 500°C.

Los Angeles présente une forte ressemblance avec une autre météorite martienne, QUE 94201. Point intéressant, la pierre attire l'aimant de façon notable.L'analyse isotopique des gaz nobles extraits de la météorite tend à prouver que ces derniers ne proviennent pas de l'atmosphère martienne, mais plutôt de l'intérieur de la planète. Los Angeles est âgé de 170 millions d'années. Après son éjection, la météorite a erré 3 millions d'années dans l'espace interplanétaire, avant d'échouer sur notre planète.

Labrot © 1997-2017. Dernière mise à jour : 1er novembre 2004.