Tige de prêle (vue générale)

 

Les prêles sont les derniers et très timides représentants d'un groupe de végétaux qui formaient autrefois des forêts immenses au Carbonifère (360 à 300 millions d'années), peuplées d'arbres qui pouvaient atteindre 20 à 30 mètres de hauteur.

La tige des prêles est formée d'une suite de segments cannelés chlorophylliens. Les feuilles, très réduites, s'insèrent au niveau des nœuds, d'ou partent également des verticilles de rameaux secondaires, ce qui donne un aspect en queue de cheval caractéristique à la plante. En section transversale, la tige montre une alternance de crêtes (des carènes) et de dépressions (des vallécules), d'où un contour sinueux et esthétique. Longitudinalement, les carènes forment des stries bien visibles sur la tige.

L'épiderme est silicifié (dépôt d'opale, silice amorphe et hydratée, au niveau des parois cellulaires), ce qui augmente considérablement la rigidité. La teneur en silice de la plante n'a rien de négligeable : la silice compte effectivement pour 25 % de la masse sèche d'un individu adulte ! A cause de sa nature amorphe, la silice ne polarise pas la lumière, et l'observation de sections transversales entre polariseur et analyseur n'a donc pas d'intérêt.

Sous l'épiderme se trouve le parenchyme cortical, qui est assimilateur (chlorophyllien). Des lacunes aérifères, positionnées sous les vallécules, se sont formées par résorption des cellules parenchymateuses. Tout comme l'épiderme, les carènes contiennent également de la silice.

Le cylindre central possède un endoderme assez visible mais pas de péricycle, et renferme des faisceaux cribro-vasculaires disposés sur un seul cercle. Chaque faisceau comporte un petit massif de phloème superposé à un îlot de xylème primaire à pôle endarche (protoxylème puis métaxylème vers l'extérieur, soit une différentiation centrifuge). La résorption du xylème aboutit à l'apparition de lacunes carénales (situées à l'aplomb des carènes). Il ne reste alors plus généralement que quelques trachéides positionnées en bordure de chaque lacune (trachéides superposées) ou en périphérie du massif de phloème (trachéides périphériques).

Au centre de la tige, la moelle est généralement résorbée, et laisse place à une immense lacune centrale.

 

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