Jeune racine de Ficaire (vue générale)

 

La ficaire est une petite renonculacée à fleurs jaunes que l'on peut ramasser dans les lieux humides, comme les bords des cours d'eau.

Sa racine présente une symétrie axiale dans laquelle on reconnaît deux zones bien distinctes : la zone corticale, très importante ici à cause d'une tubérisation (transformation en organe de réserve), et le cylindre central, qui renferme les tissus conducteurs (stèle).

L'écorce, très développée donc, comporte, de la périphérie vers le centre, une assise pilifère (rhizoderme), une zone subéreuse primaire (imprégnation de la paroi des cellules les plus externes de l'écorce par de la subérine, ce qui les rend étanches et provoque la chute des poils absorbants), un parenchyme cortical parfois à méats qui sert au stockage des réserves (amyloplastes), et enfin un endoderme. Chez les dicotylédones, l'endoderme est formée par des cellules jointives, entourées par un cadre de Caspary (présence d'un dépôt libéro-ligneux sur les parois radiales). Le cadre de Caspary force un transit symplasmique de l'extérieur vers le cylindre central, la voie apoplasmique (espaces situées entres les parois cellulaires) étant de ce fait bloquée.

En comparaison de l'imposant cortex, le cylindre central est de petite taille. Il comporte un péricycle, dont les cellules, qui forment une seule assise, alternent avec celles de l'endoderme, et des faisceaux cribro-vasculaires qui constituent une protostèle de type actinostèle.

Le xylème primaire est constitué de trachéides jeunes (annelées ou spiralées) formant un proto-xylème situé en position exarche (à l'extérieur, contre le péricycle) et de trachéides plus âgées (réticulées, rayées ou ponctuées) formant le méta-xylème vers l'intérieur. La différentiation du xylème est donc centripète. Dans le cylindre central, le xylème forme une étoile à 4, 5 ou comme ici 6 branches (jamais plus).

Le phloème forme de petits massifs qui alternent avec ceux du xylème. Le pôle phloémien, tout comme le pôle vasculaire, est externe, et la différentiation est là encore centripète. Cela restera la règle pour le phloème, tandis que le xylème, de centripète, deviendra tangentiel puis finalement centrifuge au niveau de la tige (phloème et xylème seront alors superposés).

Les espaces situés entre les massifs du phloème et du xylème sont occupés par une assise de parenchyme. Un petit parenchyme médullaire (moelle) peut exister au centre du cylindre central, mais dans les racines plus âgées, il finira par disparaître au détriment de la croissance du métaxylème.

La symétrie radiale, l'absence notable de tissus de soutien de type collenchyme ou sclérenchyme (qui ne serviraient ici à rien), la présence de poils absorbants, la position alterne du phloème et du xylème, et enfin la différentiation centripète de ce dernier permettent d'identifier la coupe comme étant celle d'une racine. L'endoderme à cadres de Caspary, ainsi que le petit nombre de faisceaux (inférieur ou égal à 6) permettent de conclure à une dicotylédone.

 

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