Cône de Pin femelle, vue générale (x4)

 

Le cône de pin femelle est formé d'un axe central trapu, au niveau duquel s'insère des écailles, qui portent chacune deux ovules. A la base des écailles se trouvent des feuilles spécialisées, les bractées. Un ensemble bractée/écaille avec ses ovules constitue une fleur.

La structure bractée/écaille peut également être appelée mégasporophylle, car ce sont des feuilles transformées en sporanges. Ici le sporange n'est autre que l'ovule lui-même. Chaque ovule est formé d'un nucelle entouré d'un tégument (tout deux diploïdes), et qui renferme une mégaspore, issue d'une double division par méiose d'une cellule mère (les trois autres mégaspores dégénéreront). En se divisant ensuite par mitose, cette mégaspore haploïde donnera naissance à un gamétophyte femelle haploïde de taille extrêmement réduite, et comprenant une structure appelée archégone.

Au sein de l'archégone (partie du gamétophyte qui contient les gamètes) se trouve plusieurs oosphères, qui pourront être fécondés par les tubes polliniques de grains de pollen. Les tubes polliniques pénètrent au travers de l'ovule via une ouverture dans le nucelle, le micropyle. Chaque tube, dont la croissance est soutenue par le nucelle, contient deux noyaux végétatifs, ainsi que deux gamètes mâles, des anthérozoïdes, qui sont libérés au contact d'un oosphère. Ce qui est assez étonnant, c'est qu'un seul anthérozoïde est capable de féconder véritablement l'oosphère (qui devient à ce moment là un zygote diploïde), tandis que l'autre dégénère obligatoirement. De la même manière, de tous les oosphères fécondés contenu dans l'ovule, seul l'un d'eux est autorisé à poursuivre son développement, les autres zygotes disparaissant pour lui laisser la place.

Tandis que le zygote se divise pour donner un embryon, il se nourrira au détriment du tissu haploïde du gamétophyte, riche en substances de réserve (endosperme).

A ce stade, le rôle du mégasporophylle n'est pas terminé. Toujours attaché à la graine, il favorisera sa dispersion par le vent en jouant le rôle d'une aile miniature.

On comprend donc que les petites graines ailées que l'on peut ramasser au pied de certains conifères sont en fait des structures très complexes, au sein desquels se sont joués sur de longues périodes des phénomènes invisibles à l'œil nu, mais remarquablement fascinants et subtils.

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