Mars Hope

Le temps où seules les grandes puissances pouvaient lancer des sondes d'exploration interplanétaire est révolu. Nous sommes maintenant arrivés à une époque où des sociétés privées sont capables d'envoyer des hommes en orbite basse, et il est également désormais possible d'acheter des sondes martiennes presque clé en main.

Mars Hope appartient peu ou prou à ce cas de figure. Proposée et financée par les Emirats arabes unis, il s'agit avant tout d'un projet conçu pour susciter un élan spatial et faire naître des vocations dans le monde arabe, au travers d'une importante collaboration avec les Etats-Unis et le Japon. La sonde, un orbiteur de 1350 kg, a été assemblée par le laboratoire de physique spatiale et d'étude de l'atmosphère (LASP) de l'Université du Colorado à Boulder, et les trois instruments de sa charge utile sortent également de plusieurs universités américaines (Université du Colorado, Université de Californie à Berkeley et Université d'Etat de l'Arizona). Quant au lancement, il est pris en charge par le Japon, grâce à une fusée H-IIA tirée depuis le centre spatial de Tanegashima. La sonde s'est envolée vers Mars le 19 juillet 2020, presque à minuit pile heure française.

Destinée à étudier la météorologie et le climat martien (en complétant notamment les données acquises par l'orbiteur MAVEN de la NASA sur la fuite de l'atmosphère dans l'espace), Mars Hope est un orbiteur relativement conventionnel architecturé autour d'une structure cubique. Pour l'alimentation en énergie, il comporte deux panneaux solaires de 900 watts couplés à des batteries. Les communications sont assurées par une antenne grand gain de 1,5 mètre de diamètre, épaulée par des antennes non directionnelles à faible gain. Six moteurs de 120 newtons de poussée assurent la propulsion et seront utilisés pour freiner la sonde et permettre sa capture par le champ de gravité martien en février 2021. L'orientation de la sonde dans l'espace est assuré par 8 petits moteurs de contrôle d'attitude, ainsi qu'une roue à réaction. Des senseurs stellaires permettront à l'ordinateur de bord de se repérer dans l'espace.

Au moment de son arrivée, Mars Hope devrait être insérée sur une orbite elliptique, avec un périapse situé à 20 000 km d'altitude et un apoapse à 43 000 km, qui sera parcourue en 55 heures. Les mesures scientifiques seront réalisées par le biais de trois instruments fournis par les Etats-Unis :

  • EXI (Emirates eXploration Imager) : une caméra multispectrale dotée de six filtres (trois pour le visible et trois dans le domaine ultraviolet), dédiée à l'étude de l'atmosphère (glace d'eau, poussière, ozone).
  • EMIRS (Emirates Mars InfraRed Spectrometer) : un spectromètre infrarouge fonctionnant dans le domaine thermique pour l'étude des couches basses de l'atmosphère martienne (températures, teneur en eau, poussière).
  • EMUS (Emirates Mars Ultraviolet Spectrometer) : un spectromètre ultraviolet qui mesurera les émissions entre 100 et 170 nm, et qui permettra d'étudier la haute atmosphère, en particulier le phénomène d'échappement de plusieurs éléments dans l'espace.

Une première version de la sonde Mars Hope, avec un bus hexagonal et trois panneaux solaires (© UAE/MBRSC).

Mars Hope est un orbiteur dédié à l'étude de l'atmosphère et du climat martien, proposé par les Emirats arabes unis, au travers d'une collaboration étroite avec plusieurs universités américaines, ainsi que le Japon. Si le transfert de technologies et de compétences est évident dans ce type de partenariat, les arguments avancés par le centre spatial Mohammed Bin Rashid à Dubai concernant l'impact public d'un tel projet sont plus discutables. En effet, la NASA elle-même avoue avoir des difficultés à susciter de l'intérêt pour ses orbiteurs, y compris ceux capables d'imager la surface de la planète rouge à haute résolution, comme MRO. Ces derniers tombent en effet très facilement dans l'oubli. Or Mars Hope est non seulement un orbiteur, mais aussi un satellite dédié à l'étude de l'atmosphère, un domaine très intéressant et d'actualité, mais qui reste également pour le moins nébuleux et difficile d'accès pour le grand public (© UAE/MBRSC).

 

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