Chronologie de l'exploration martienne

Calendrier des fenêtres de tir de 1960 à 1995

Calendrier des fenêtres de tir de 1996 à 2037

 

Repere 1960
Arborescence Drapeau soviétique Marsnik 1 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Marsnik 2 Echec
Repere 1961
Repere 1962
Arborescence Drapeau soviétique Spuntnik 22 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Mars 1 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Spuntnik 24 Echec
Repere 1963
Repere 1964
Arborescence Drapeau américain Mariner 3 Echec
Arborescence Drapeau américain Mariner 4 Succes
Arborescence Drapeau soviétique Zond 2 Echec
Repere 1965
Arborescence Drapeau soviétique Zond 3 Echec
Repere 1966
Repere 1967
Repere 1968
Repere 1969
Arborescence Drapeau américain Mariner 6 Succes
Arborescence Drapeau américain Mariner 7 Succes
Arborescence Drapeau soviétique Mars 1969 A Echec
Arborescence Drapeau soviétique Mars 1969 B Echec
Repere 1970
Repere 1971
Arborescence Drapeau américain Mariner 8 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Kosmos 419 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Mars 2 Demi succes (ou demi echec !)
Arborescence Drapeau soviétique Mars 3 Demi succes (ou demi echec !)
Arborescence Drapeau américain Mariner 9 Succes
Repere 1972
Repere 1973
Arborescence Drapeau soviétique Mars 4 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Mars 5 Demi succes (ou demi echec !)
Arborescence Drapeau soviétique Mars 6 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Mars 7 Echec
Repere 1974
Repere 1975
Arborescence Drapeau américain Viking 1 Succes
Arborescence Drapeau américain Viking 2 Succes
Repere 1976
Repere 1977
Repere 1978
Repere 1979
Repere 1980
Repere 1981
Repere 1982
Repere 1983
Repere 1984
Repere 1985
Repere 1986
Repere 1987
Repere 1988
Arborescence Drapeau soviétique Phobos 1 Echec
Arborescence Drapeau soviétique Phobos 2 Demi succes (ou demi echec !)
Repere 1989
Repere 1990
Repere 1991
Repere 1992
Arborescence Drapeau américain Mars Observer Echec
Repere 1993
Repere 1994
Repere 1995

Mariner 4

 

 

Mariner 6

 

 

Mariner 7

 

 

Mariner 9

 

 

Orbiteur Viking

 

 

 Atterrisseur Viking

 

 

Phobos 2

 

Repere 1996
Arborescence Drapeau américain Mars Global Surveyor Succes
Arborescence Drapeau russe Mars 96 Echec
Arborescence Drapeau américain Mars Pathfinder Succes
Repere 1997
Repere 1998
Arborescence Drapeau japonais Nozomi Echec
Arborescence Drapeau américain Mars Climate Orbiter Echec
Repere 1999
Arborescence Drapeau américain Mars Polar Lander Echec
Arborescence Drapeau américain Deep Space 2 Echec
Repere 2000
Repere 2001
Arborescence Drapeau américain Mars Odyssey Succes
Repere 2002
Repere 2003
Arborescence Drapeau de l'ESA Mars Express Succes
Arborescence Drapeau de la Grande Bretagne Beagle 2 Echec
Arborescence
Drapeau américain Spirit (MER A) Succes
Arborescence Drapeau américain
Opportunity (MER B) Succes
Repere 2004
Repere 2005
Arborescence Drapeau américain Mars Reconnaissance Orbiteur Succes
Repere 2006
Repere 2007

Arborescence Drapeau américain Phoenix Demi succes (ou demi echec !)
Repere 2008
Repere 2009
Repere 2010
Repere 2011
Arborescence Drapeau russe Phobos Grunt Echec

Arborescence Drapeau américain Curiosity Succes
Repere 2012
Repere 2013
Arborescence Drapeau indien Mangalyaan (MOM) Succes
Arborescence Drapeau américain MAVEN Succes
Repere 2014
Repere 2015
Repere 2016
Arborescence Drapeau de l'ESA ExoMars Trace Gas Orbiter Succes
Arborescence Drapeau de l'ESA ExoMars Schiaparelli Echec
Repere 2017
Repere 2018
Arborescence Drapeau américain InSight Succes
Repere 2019
Repere 2020
Arborescence Drapeau américain Mars 2020 Mission en cours
Arborescence Chine Tianwen-1 Mission en cours
Arborescence Emirat Arabe Unis Mars Hope Mission en cours
Repere 2021
Repere 2022
Arborescence Drapeau de l'ESA ExoMars (rover)
Arborescence Drapeau américain Micro-orbiteurs EscaPADE
Repere 2023
Repere 2024
Repere 2023
Repere 2026
Arborescence Drapeau américainDrapeau de l'ESAMars Sample Return Fetch/MAV
Arborescence Drapeau américainDrapeau de l'ESAMars Sample Return Orbiteur
Repere 2027
Repere 2028
Repere 2029
Repere 2030
Repere 2031
Repere 2032
Arborescence
Repere 2037
Arborescence Drapeau francais Moi vers Mars !
(très incertain)

Mars Global Surveyor

 

 

 Mars Odyssey

 

 

Mars Express

 

Mars Reconnaissance Orbiter (MRO)

 

 

 

 


Drapeau soviétique Sonde soviétique  Drapeau russe Sonde russe  Drapeau américain Sonde américaine  Drapeau japonais Sonde japonaise  Drapeau de l'ESA Sonde de l'agence spatiale européenne  Drapeau de la Grande Bretagne Sonde britannique Drapeau indien  Sonde indienne Chine Sonde chinoise  Emirat Arabe Unis Sonde des Emirats arabe unis

Repere Fenêtre de tir disponible Repere Année sans fenêtre de tir

Mission en cours Mission actuellement en cours Succes Succès (la plupart du temps éclatant) Echec Echec (la plupart du temps cuisant) Demi succes (ou demi echec !) Bilan mitigé, demi échec ou demi succès (typique des sondes russes)


Le tableau ci-dessus rassemble toutes les missions martiennes jamais lancées par l'homme, depuis les premières tentatives héroïques jusqu'à celles qui n'existent encore que sur une planche à dessin, ou dans l'imagination de quelques rêveurs. Un seul coup d'œil suffit pour déduire certaines caractéristiques de l'exploration de la planète rouge.

Les premières missions ont été lancées dès 1960 par les soviétiques, quelques années après le vol de Spoutnik. Les Soviétiques, puis les russes, s'acharneront sur la planète rouge en occupant presque toutes les fenêtres de lancement de 1960 à 1973, à l'exception de la fenêtre de tir de 1967 qui ne sera exploitée par personne. Toutes les missions pourront être considérées comme des échecs (ou des demi-échecs) en regard des résultats choquants qui seront engrangés par les sondes concurrentes américaines. Après 1973, littéralement dégouttés par les performances de la flottille de sondes envoyées cette année-là, les russes jetteront l'éponge et stopperont temporairement leurs efforts concernant l'exploration de la planète rouge. Après 15 années de silence, ils repartent néanmoins à l'assaut en 1988 avec les deux sondes Phobos, qui ne connaîtront pas un destin plus enviable que leurs prédécesseurs. En 1996, bien décidés à laver l'affront, les russes tentent d'envoyer l'un des plus gros engins interplanétaires jamais construits : Mars 96. La sonde ne parviendra même pas à quitter l'orbite terrestre. Cet accident tragique semble clore d'une manière terriblement brutale l'épopée des sondes russes martiennes, mais la réalité sera encore plus cruelle. En 2011, les russes essayent tant bien que mal de revenir dans la course avec une mission très ambitieuse, Phobos-Grunt, dont l'objectif n'est ni plus ni moins que de ramener des échantillons de la plus grosse des deux mini-lunes de Mars, Phobos. Là aussi, la sonde restera prisonnière de l'orbite terrestre, et retombera, exactement comme Mars 96 avant elle, dans l'océan Pacifique, où elle sombrera corps et âme. En définitive, les russes n'auront jamais eu de chance avec la planète rouge. A titre de consolation pour l'exploration interplanétaire robotique, ils peuvent se targuer d'avoir réussi avec Vénus, planète infernale s'il en est, ce qu'ils ont raté avec Mars.

De leur côté, les américains s'élancent plus tardivement que les soviétiques à l'assaut de la planète rouge (ils débutent en 1964), mais ils vont rapidement connaître d'insolents succès, avec les premières photos jamais prises de la planète par Mariner 4, la reconnaissance réussie du tandem Mariner 6 et Mariner 7, l'incroyable moisson de résultats qui sera ramenée par Mariner 9 (et qui nous fera découvrir Mars telle qu'elle est réellement), sans oublier le triomphe technique et scientifique des sondes Viking. Pendant la première période de l'exploration de Mars, deux fenêtres de tir seulement ne seront pas utilisées par les américains : celle de 1967 et celle de 1973, cette dernière étant mise à profit par les soviétiques avec la série de sondes Mars 4, Mars 5, Mars 6 et Mars 7. Au moment du lancement de Viking en 1975, les soviétiques ont par contre déjà abandonné plus ou moins la course. Après les missions Viking, l'exploration de Mars va entrer dans un sommeil profond, à cause des résultats jugés très décevants renvoyés par le laboratoire de détection de vie des atterrisseurs. Les américains attendront 17 ans avant de lancer Mars Observer, qui connaîtra un destin funeste en disparaissant quelques jours avant sa mise en orbite. Mars a sans aucun doute l'un des plus beaux palmarès de tout le système solaire en ce qui concerne les pertes d'engins spatiaux. Le nombre d'échecs est édifiant, comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus (comptez donc les pastilles rouges). Si, comme nous l'avons vu, les soviétiques en ont vraiment été pour leur frais, les américains ne seront pas non plus épargnés, comme l'a prouvé la disparition dramatique de Mars Climate Orbiter lors de sa manœuvre d'insertion orbitale en 1999, et la perte trois mois plus tard de Mars Polar Lander pendant son atterrissage. Quand il s'agit de Mars, personne n'est épargné.

Suite à la perte de Mars Observer, la stratégie adoptée par la NASA pour les missions d'exploration martienne change. Plus question de lancer des engins uniques et énormes coûtant des milliards, et dont la perte est catastrophique. Avec le leitmotiv aussi utopiste que célèbre du faster, better, cheaper (plus vite, mieux et moins cher), les américains envisagent dans les années 1990 de faire partir une flottille de petites sondes légères, peu coûteuses, développées en un temps record et focalisées sur des objectifs bien précis. Mars Global Surveyor fut la première sonde de cette nouvelle génération à prendre son envol vers Mars en 1996, pour être rejointe quelques mois plus tard par Mars Pathfinder, qui connaîtra un immense succès technique, scientifique et surtout médiatique, avec son petit robot Sojourner. Mars Global Surveyor, qui fonctionnera pendant 9 ans autour de Mars, fut aussi une grande réussite. On pourra retenir la réalisation de la première carte altimétrique martienne (toujours utilisée aujourd'hui, elle est d'une précision phénoménale), la détection d'un champ magnétique fossile, la mise en évidence de minéraux déposés en présence d'eau, ou encore la couverture à haute résolution d'une petite partie de la surface martienne. Avec le programme Mars Surveyor, qui devait culminer avec un retour d'échantillons, les américains étaient bien décidés à occuper toutes les fenêtres de tir depuis 1996 et jusqu'en 2005 au moins. Malheureusement, la perte consécutive de Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander déjà évoquée va forcer la NASA à repenser de A à Z sa stratégie d'exploration de Mars.

Après d'intenses réflexions, l'agence spatiale américaine accouchera donc d'un nouveau programme plus prudent et très ouvert, à forte participation internationale. Avec la nouvelle architecture, le calendrier des lancements est de nouveau bien rempli. L'agence spatiale américaine commence par lancer en 2001 un nouvel orbiteur, Mars Odyssey, puis en 2003, elle envoie un couple de rovers, Spirit et Opportunity, qui vont changer à jamais le visage de la planète rouge. Sur la plaine de Meridiani, sélectionnée sur la base des informations minéralogiques fournies par le vénérable Mars Global Surveyor, Opportunity découvre en effet les premières roches sédimentaires martiennes, et ce immédiatement après son atterrissage. Plus aucun doute n'est alors permis : dans un lointain passé, l'eau a coulé sur la planète Mars.

L'époque où seuls les Etats-Unis participaient à l'exploration de la planète rouge est cependant définitivement révolue. En 2003, la NASA est rejointe dans son effort par les Européens avec Mars Express, les Japonais avec Nozomi, et les Britanniques avec Beagle 2. Bien entendu, pour les nouveaux venus, l'hécatombe est au programme, et tandis que Nozomi se retrouve incapable d'effectuer une mise en orbite, après des débuts hasardeux et une tempête solaire croisée plus tard par malchance, Beagle 2 disparaît purement et simplement des radars durant son atterrissage. Seul Mars Express tire finalement son épingle du jeu. Bref, si de nouveaux acteurs sont arrivés, la NASA continue cependant de caracoler en tête. En 2005, elle lance un satellite espion, Mars Reconnaissance Orbiter, au palmarès impeccable, puis en 2008 la sonde Phoenix, dans une tentative de venger Mars Polar Lander. Si Phoenix se pose pratiquement directement sur de la glace d'eau pure, son bilan sera hélas décevant, à cause de nombreux soucis techniques. Phoenix semble marquer le crépuscule des atterrisseurs, et la NASA ne cache pas qu'elle travaille sur un nouveau rover. En 2011, elle catapulte vers Mars une machine ultra-sophistiquée d'une tonne, Curiosity, qui parvient à se poser d'une manière spectaculaire à l'intérieur du cratère Gale. Lentement mais surement, Curiosity va confirmer l'habitabilité de l'endroit, ce qui donne à la NASA le feu vert pour embrasser enfin le saint graal de l'exploration martienne, j'ai nommé une campagne de retour d'échantillons. Dans l'intervalle, elle fait partir en 2013 la sonde MAVEN, dédiée à l'étude de l'atmosphère (en particulier sa fuite dans l'espace), et en 2018 la mission InSight, qui dépose le premier sismomètre à la surface de Mars. La fenêtre de tir de 2016 est uniquement mise à contribution par l'agence spatiale européenne, qui lance la première brique de son programme ExoMars. Si le satellite Trace Gaz Orbiter (TGO) va suivre les traces de Mars Express, le petit module d'atterrissage Schiaparelli suivra quant à lui celles, moins flatteuses mais plus médiatiques, de Beagle 2.

Ce qui nous amène tout droit en 2020. Cette année-là, la NASA compte lancer vers Mars le frère jumeau de Curiosity, Perseverance. Merveille de technologie, capable de se poser avec une précision inégalée, Perseverance embarque un hélicoptère miniature, ainsi qu'un système aussi complexe que perfectionné de prélèvement d'échantillons. Sa mission principale est d'identifier des traces de vie fossiles dans les roches du cratère Jezero. Perseverance est une mission très ambitieuse, mais la NASA ne peut effectivement plus se permettre de tergiverser, car la concurrence se presse de nouveau sur les pas de tir, et avec pugnacité. En 2013, en même temps que MAVEN, les indiens étaient parvenus à insérer en orbite martienne un petit satellite à bas coût, Mangalyaan. Pour les japonais et les chinois (qui avaient placé le petit satellite Yinghuo-1 sur l'infortunée sonde russe Phobos-Grunt de 2011), la claque est rude. Mais avec la fenêtre de tir de 2020, l'adversité est clairement montée d'un cran. Initialement, comme en 1973, quatre missions devaient partir vers Mars. L'agence spatiale européenne dû cependant déclarer forfait pour son rover ExoMars, à cause d'incidents critiques avec les parachutes lors des tests. La NASA se retrouve cependant en compagnie des Emirats arabes unis, qui envoient un satellite météorologique (Hope) et surtout de la Chine. Celle-ci, après avoir abandonné toute velléité de collaboration avec d'autres puissances étrangères et forte de ses récents succès lunaires, s'apprête en effet à injecter vers Mars Tiawen-1,  une mission composée d'un orbiteur, d'une plateforme d'atterrissage et d'un rover. Inutile de dire que la NASA tient là un prétendant très sérieux, qui pourrait véritablement rebattre les cartes de l'histoire déjà longue et mouvementée de l'exploration martienne. Les chinois ne cachent effectivement pas leur ambition, et ils ont d'ores et déjà annoncé avoir aussi dans les cartons une future mission de retour d'échantillons.

Ramener sur Terre des fragments de la planète Mars pour les étudier avec toute la puissance des meilleurs laboratoires terrestres permettra effectivement de réaliser des avancées scientifiques considérables. Avancées qui ne seront sans doute dépassées que lorsque nous nous déciderons à envoyer le plus fragile mais aussi le plus efficace moyen d'observation que nous connaissons, l'homme lui-même. Mais c'est une autre histoire.

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