La variété Andromède

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La variété Andromède
(non disponible)

Note : 4 etoiles
Réalisateur :
Robert Wise
Studio
: Universal Pictures
Sortie : 12 mars 1971
Durée : 130 minutes

 La variété Andromède est une adaptation assez fidèle du roman éponyme de Michael Crichton. Le film débute dans le petit village de Piedmont, en Arizona, dont les habitants semblent avoir été décimés par un mal mystérieux, qui semble avoir un rapport avec un projet spatial top-secret, baptisé Scoop, mis sur pied par l'armée américaine. Devant la situation dramatique à Piedmont, les militaires décident d'activer le plan Wildfire. Un petit groupe de scientifiques de haut niveau est convoqué dans un laboratoire ultra-sécurisé et souterrain, construit quelque part dans le Nevada, au milieu de nul part. Une course contre la montre s'engage alors.

Trente ans après sa parution, le roman emblématique de Michael Crichton continue de faire parler de lui, car il aborde de manière extrêmement documentée et crédible la problématique de la contamination de la Terre par un organisme extra-terrestre. Calquée sur le livre, le film parvient à bien à restituer le style froid et clinique de Michael Crichton, au risque parfois de ressembler plus à un documentaire qu'à une œuvre divertissante.

Réalisé en 1971, la variété Andromède offre aujourd'hui le charme suranné des films de science-fiction d'époque. Pourtant, il ne fait guère de toute qu'à sa sortie, il a dû marquer les esprits.

Si les quatre principaux protagonistes ont tous quelques traits bien marqués (avec une mention spéciale pour le docteur Mark Hall, joué par James Olson, qui permet d'illustrer l'une des théories intéressantes du livre, celle de l'élément étranger), le principal héros du film n'est autre que le laboratoire où la capsule Scoop et sa charge mortelle ont été transportées. Conçu sous la forme d'un cylindre composé de cinq niveaux tous plus sécurisés que le précédent, il offre un environnement claustrophobique, et ce d'autant plus que tout ou presque y est robotisé.

Les ordinateurs sont effectivement partout, et de nombreux systèmes sont automatisés, y compris le nombre impressionnant de dispositifs de décontamination et de stérilisation auxquels doivent s'exposer les chercheurs dans leur descente vers le niveau le plus profond du laboratoire.

Les dispositifs de confinement, ainsi que les instruments scientifiques utilisés par les scientifiques sont également très réalistes. Etant donné la dangerosité extrême et la nature inconnue de l'agent ayant décimé la population de Piedmont, tout contact avec la source d'infection est proscrite. Les chercheurs manipulent donc tout avec des bras robotiques derrière des vitres, enfilent des scaphandres, et travaillent par écran interposé. Toutes les analyses possibles et imaginables à l'époque y passent : observation au microscope optique et électronique, tests de microchimie, inoculation à des souris et des singes, culture sur boites de pétri, étude de la structure cristalline par diffraction en rayons X et simulations informations de croissance. Si l'effort de vulgarisation est louable pour les spectateurs intéressés par ces aspects, certaines techniques sont toutefois explicitées de manière plutôt confuse. Enfin, pour couronner le tout, un programme informatique sophistiqué semble être capable d'effectuer des diagnostics en toute autonomie, ce qui inquiète d'ailleurs quelque peu les médecins (la crainte d'être remplacé par des machines était d'ailleurs palpable dans le roman de Michael Crichton, qui était lui-même médecin).

Malgré son âge, un scénario monolithique et rigide, et des décors un peu ternes et vides, ce huit clos en compagnie d'une créature extraterrestre microscopique mais mortelle reste toujours efficace. Les acteurs sont crédibles, et l'humour, qui n'est pas absent, permet de désamorcer la tension quand c'est nécessaire. Le climax, avec l'inévitable séquence du compte à rebours, est mené tambour battant, et la réalisation est de façon générale efficace. Cependant, comme pour le roman, tout l'intérêt du film tient aux nombreuses questions et réflexions que suscite l'intrigue, quant à la problématique de protection planétaire. Un sujet qui reste toujours autant d'actualité, au vu des nombreux projets de récupérations d'échantillons extraterrestres sur lesquels travaillent actuellement les agences spatiales.

Sorti peu après l'arrivée de l'homme sur la Lune, la variété Andromède mettait en images les angoisses et les craintes de l'époque. Trente années plus tard, avec l'envoi sur Mars du premier rover ayant pour objectif de collecter des échantillons de roches et de sols, l'œuvre n'a jamais été aussi pertinente.

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