Total Recall

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Total Recall
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Note : 4 etoiles
Réalisateur :
Paul Verhoeven
Editeur
: Studio Canal
Sortie : 1990
Durée : 113 minutes

Total Recall de Paul Verhoeven Sorti sur les écrans de cinéma le 17 octobre 1990, Total Recall, malgré ses imperfections, est vraisemblablement l'un des films les plus réussis parmi ceux qui accordent une large place à la planète rouge.

Nous sommes en 2020. Douglas Quaid, un ouvrier de chantier, fait chaque nuit un entêtant cauchemar martien. Contre l'avis de sa femme et d'un de ses collègues, il décide d'assouvir son fantasme et de se rendre sur la planète rouge. Malheureusement, Quaid n'a pas de quoi s'offrir un véritable voyage. Il fait donc appel à une société, Rekall, dont le fond de commerce consiste à vendre non pas des vacances, mais le souvenir de vacances ! Meilleur marché que les offres des tours opérators, les séjours Rekall sont également très séduisants. Chaque journée est par définition une journée de rêve, et les soucis agaçants qui accompagnent habituellement les vacances (des aléas climatiques aux valises perdues) ne sont plus qu'un mauvais souvenir. Cerise sur le gâteau, le touriste virtuel peut choisir plusieurs options, dont la plus spectaculaire ("ego trip") consiste à endosser une autre personnalité, du playboy au millionnaire. Douglas Quaid, lui, se voit bien en agent secret sur Mars, et il choisit de se faire implanter deux semaines d'un voyage mouvementé sur la planète rouge.

Malheureusement, au moment de l'injection des souvenirs factices, les choses tournent mal, et les techniciens s'aperçoivent avec stupéfaction que la mémoire de Quaid a déjà été altérée, et que de faux souvenirs y résident déjà. Douglas voulait jouer les agents secrets sur Mars ? Il ne va pas être déçu du voyage ...

Libre adaptation d'une nouvelle de Philips K Dick, "we can remember it for you wholesale" (connue en français sous plusieurs titres, "souvenirs garantis, prix raisonnables", "souvenirs à vendre", etc), Total Recall a été confié à Paul Verhoeven. Si le réalisateur a su conserver l'intelligence qui sous-tend chacune des oeuvres de Philips K Dick, Total Recall n'en demeure pas moins très violent, trop violent. Paul Verhoeven n'a pas lésiné sur l'hémoglobine, là où un David Cronenberg (a qui la réalisation avait été initialement proposée) aurait sans doute fait preuve d'un peu plus de subtilité dans l'horreur.

Total Recall n'est pas pour autant un film raté. Arnold Schwarzenegger, que l'on a connu plus efficace dans la série des Terminator, est épaulé par de bons seconds rôles, depuis sa femme (jouée par la somptueuse Sharon Stone) jusqu'aux méchants de service (dirigés avec beaucoup de hargne par Michael Ironside). Certes, plus de dix ans après sa sortie, le film a vieilli. Si Total Recall regorge d'effets spéciaux et de gadgets high-tech (depuis les taxis conduits par des robots jusqu'aux vidéophones), l'ensemble semble désormais poussiéreux et dépassé en regard des productions actuelles, voire même de notre propre réalité. Pourtant, la magie reste présente, et certains dispositifs étonnent toujours.

Quant à la planète Mars, si elle est représentée de manière archétypale (depuis la couleur rouge des roches, de la terre et du ciel, jusqu'à la violence organique qui transpire tout au long du film), elle reste néammoins crédible. Si la véritable planète Mars est bien entendu loin d'être aussi sanguine, l'astre de Total Recall colle souvent avec la réalité : les deux lunes n'ont pas été oubliées (même si leur taille a été fortement exagérée), le mont pyramide ressemble à s'y méprendre à Olympus Mons, et les réserves de glace mentionnées par le héros sont en passe d'être découvertes ...

Verhoeven a malgré tout préféré le spectaculaire au réalisme, et le film prête parfois à sourire. Le spectateur pourra par exemple méditer sur les effets d'une chute dramatique de la pression atmosphérique. Avec une atmosphère très ténue, très froide (-50°c en moyenne) et irrespirable, il ne fait guère bon sortir sans scaphandre sur Mars. Si Verhoeven a du hésiter sur la manière de rendre à l'écran cette panoplie mortelle, il a presque tout misé sur la dépressurisation. Les corps humains gonflent ici comme des ballons de baudruche, et les visages, boursouflés par l'appel du vide, grimacent à n'en plus finir de douleurs devant la caméra. Le moment le plus mémorable est cependant la scène finale de terraformation minute, au cours de laquelle Mars se retrouve avec une atmosphère bleue et respirable en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ...

Fort heureusement, l'avalanche d'effets spéciaux ne parvient pas à masquer la force du scénario, et le film porte bel et bien en lui les interrogations lancinantes de Philip K Dick sur la nature de la réalité et sur l'altération, naturelle ou artificielle, de la mémoire. Très visuel, bourré d'actions, servi par une histoire complexe et riche en retournements de situations, Total Recall reste donc un film plaisant à regarder, et qui se termine sur un superbe point d'interrogation ...

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