Chroniques martiennes

Un mince espoir pour l'atterrisseur de Mars Surveyor 2001

Mardi 4 juillet 2000
L'atterrisseur de Mars Surveyor 2001 (Crédit photo / NASA/JPL)

Selon le site Internet Spacedaily, le centre Johnson de la NASA verrait d'un mauvais œil les reports continuels des missions martiennes et pourrait être tenté d'utiliser pour son propre compte l'atterrisseur de la mission Mars Surveyor 2001.

Le 23 septembre 1999, à la suite d'une regrettable erreur de navigation, la sonde Mars Climate Orbiter brûlait dans l'atmosphère martienne. Trois mois plus tard, l'atterrisseur Mars Polar Lander connaissait un sort similaire en s'évanouissant au-dessus de la région polaire australe. Par manque de données télémétriques, la cause de sa disparition demeure inconnue, même si les ingénieurs ont de bonnes raisons de penser qu'un défaut de conception a entraîné l'arrêt prématuré des rétrofusées à 40 mètres de la surface martienne.

Humiliée par la perte brutale de ses deux dernières sondes martiennes, la NASA décide alors de revoir de fond en comble son programme d'exploration martien. La première victime de ce vaste chambardement fut l'atterrisseur de la mission Mars Surveyor 2001, qui avait le mauvais goût d'être basé sur la plate-forme défectueuse de Mars Polar Lander.

Le couperet tombe assez vite sur cette mission et la NASA annonce que seul l'orbiteur pourra s'envoler comme prévu vers la planète rouge. L'atterrisseur, d'abord pressenti pour 2003, est finalement condamné à la casse, pour y être démantibulé en pièces de rechange.

Selon le respectable site Internet Spacedaily, le bureau des programmes avancés du centre Johnson de la NASA commencerait à voir d'un œil mauvais les reports continuels des missions martiennes et la mise au placard de l'atterrisseur de Mars Surveyor 2001.

Bien qu'à la NASA aucun projet de mission habitée ne soit à l'ordre du jour, le centre Johnson travaille, lentement mais sûrement, sur les techniques qui permettront un jour à l'homme de fouler le sol poussiéreux de la planète rouge. De ce point de vue, l'atterrisseur de 2001 constituait une pièce maîtresse sur l'échiquier des missions martiennes.

L'atterrisseur devait effectivement emporter avec lui des expériences qui auraient permis de préparer le débarquement de l'homme sur Mars. Outre une véritable petite usine chimique qui aurait servi à valider la fabrication de carburant à partir de l'atmosphère martienne, d'autres expériences étaient destinées à évaluer le niveau de radiations à la surface de Mars ou l'éventuelle toxicité du sol et de la poussière sur les êtres humains.

D'après Spacedaily, le centre Johnson lorgnerait vers l'atterrisseur et pourrait être tenté de le " racheter " à la NASA, avant de revoir sa conception.

Afin de le rendre plus fiable que son malheureux aîné, les ingénieurs pourraient mener une étude théorique des imperfections et faiblesses qui entachent la plate-forme actuelle. Seules les expériences intéressantes pour la préparation des vols habitées seraient conservées, les autres étant vraisemblablement débarquées pour laisser la place à différents systèmes d'aide à l'atterrissage : altimètre laser pour la reconnaissance du site d'atterrissage, émetteur radio permettant au centre de contrôle de garder le contact pendant la phase de descente, et même boîte noire en cas de crash !

Dans un peu moins d'un mois, la NASA devrait annoncer son choix définitif pour l'opportunité de 2003 : soit un orbiteur de cartographie, soit un rover perfectionné, l'abandon pur et simple de la fenêtre de lancement étant également une possibilité. A la fin de l'été, l'agence spatiale nous dévoilera les détails de son nouveau programme martien, qui pourrait s'étaler sur une période de 10 ans. Nous connaîtrons alors peut être le sort définitif réservé à l'atterrisseur déchu de Mars Surveyor 2001.

Geoman Cet article a été publié pour la première fois sur le site Geoman.Net.

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