Archives des brèves martiennes

Année 2002

Mars Global Surveyor Trois bougies martiennes pour Mars Global Surveyor
[16 décembre - 19:30] : La sonde Mars Global Surveyor vient d'entrer dans sa troisième année martienne de cartographie. Le 9 mars 1999, l'orbiteur avait officiellement commencé sa mission de cartographie de la planète rouge, après une insertion en orbite réussie le 12 septembre 1997 et une phase houleuse de freinage atmosphérique. Le 24 janvier 2001, la sonde avait accompli l'un de ses principaux objectifs, qui était de scruter durant une année martienne (687 jours, soit un peu moins de deux années terrestres) la planète rouge pour étudier la dynamique de l'atmosphère, les changements saisonniers (comme le cycle d'extension et de retrait des calottes polaires), ou encore le rôle de la poussière dans le climat martien.

La sonde étant dans un état excellent, la NASA décida de prolonger sa mission, histoire de parfaire la couverture topographique de Mars et d'étudier en détails les sites d'atterrissage des futures sondes martiennes. Mars Global Surveyor s'est brillamment acquitté de cette nouvelle tâche et le 12 décembre 2002, l'intrépide orbiteur a fêté en orbite sa deuxième année martienne.

Depuis quelques jours, Mars Global Surveyor a donc entamé sa troisième année d'observation et devrait prolonger ses activités au moins jusqu'au mois d'octobre 2004. Durant cette période, en plus de continuer ses observations scientifiques, Mars Global Surveyor sera amené à jouer un rôle crucial pour les rovers américains MER. La sonde assistera effectivement l'arrivée des deux engins en janvier 2004, grâce à son relais radio (fourni par le CNES), qui retransmettra à la Terre les données télémétriques émises au cours de cette phase critique qu'est l'atterrissage. Combiné avec la caméra MOC (qui possède une zone de mémoire tampon capable de stocker temporairement des données), le relais français devrait également permettre d'augmenter le flux de données en provenance des rovers.

La NASA étudie actuellement la possibilité de prolonger la mission de l'orbiteur d'une année martienne supplémentaire. Si la sonde Mars Global Surveyor est encore opérationnelle d'ici là, elle pourrait littéralement pulvériser le record de durée de vie d'un engin martien, actuellement détenu par l'atterrisseur Viking 1 (six années terrestres d'activité à la surface de Mars, de 1976 à 1982). Les instruments scientifiques, qui continueront bien évidemment à sonder la planète Mars, seront aussi mis à profit pour sélectionner les sites d'atterrissage des futurs atterrisseurs de 2007 et 2009 (dont la première sonde Scout fera peut-être partie, l'un des quatre engins  proposés étant un atterrisseur). L'orbiteur devra également défricher le terrain pour les instruments sophistiqués du prochain super orbiteur de la NASA (MRO), tout en assistant ce dernier lors de son freinage atmosphérique.

En attendant l'arrivée de ces renforts robotiques, Mars Global Surveyor continue de nous envoyer jour après jour des données et des images fascinantes, qui ont d'ores et déjà bouleversé notre vision de la planète rouge.

 

L'eau sur Mars De l'eau au pôle sud
[16 décembre - 19:30] : Un affleurement de glace a été découvert pour la première fois sur la bordure de la calotte polaire sud. Jusqu'à présent, cette dernière semblait uniquement composée de glace sèche (dioxyde de carbone solide). Bien que certains planétologues suspectaient la calotte australe de renfermer, à l'instar de sa sœur boréale, de l'eau, aucune sonde n'était effectivement jamais parvenue à détecter ce composé. C'est désormais chose faite grâce à deux instruments, le spectromètre d'émission thermique (TES) de la sonde Mars Global Surveyor, et la caméra visible/infrarouge (THEMIS) de la sonde Mars Odyssey. Il faudra cependant attendre des mesures plus poussées pour connaître l'étendue du stock en eau de la calotte australe.

 

NASA

Quatre finalistes pour le programme Scout
[8 décembre - 18:30] : La NASA vient de sélectionner les finalistes pour son programme Scout, une nouvelle classe de sondes martiennes peu coûteuses et complémentaires des missions majeures qui composent l'ambitieux programme international d'exploration de Mars.

En juillet 2001, la NASA avait déjà effectué une première sélection parmi 43 projets. Cette fois-ci, seulement quatre dossiers ont été retenus. Les équipes responsables des différentes propositions recevront chacune 500 000 $ pour mener sur six mois une étude technique, financière et organisationnelle détaillée. Elles devront rendre le fruit de leur travail en juillet 2003. Un mois plus tard, en août 2003, la NASA rendra public le nom de l'heureux gagnant qui aura le droit de partir vers la planète rouge en 2007. Le coût de la mission devrait avoisiner les 325 millions de dollars. Les quatre finalistes sont : 

SCIM : cette mission ambitieuse propose de piéger des particules de poussière (ainsi qu'une petite quantité de gaz) lors d'un seul passage à grande vitesse (6,3 km/s) dans l'atmosphère martienne, à une altitude de 37 km. Pour capturer la poussière, SCIM utilisera un aérogel, une sorte d'éponge de silicone extrêmement légère et poreuse capable d'amortir, de piéger et de préserver les microscopiques particules poussiéreuses. La sonde Stardust, qui doit ramener sur Terre des échantillons de poussière s'échappant d'un noyau cométaire, s'appuie déjà sur cet aérogel pour mener à bien sa mission. L'atmosphère martienne sera quant à elle prélevée au travers d'une ouverture située dans le nez de la sonde.

ARES : cette mission s'est fixé pour objectif de réaliser la première étude in-situ de la couche limite planétaire (ce terme désigne la partie de l'atmosphère martienne directement influencée par la surface). 

PHOENIX : L'objectif de cet atterrisseur est de réaliser une étude in-situ des composés volatils martiens (en particulier l'eau) et des molécules organiques au niveau des hautes latitudes de l'hémisphère nord, là ou la sonde Mars Odyssey a récemment découvert de vastes concentrations de glace dans le sous-sol. En fait, la mission PHOENIX ne propose rien d'autre que de faire renaître la sonde Mars Polar Lander de ses cendres, pour la diriger non plus faire le pôle sud (ou elle a connu un destin tragique en décembre 1999), mais vers le pôle nord. PHOENIX reprendra non seulement trois instruments conçus pour Mars Polar Lander (le bras robotique, les caméras et le TEGA), mais il s'appuiera également sur la plate-forme de l'atterrisseur Mars Surveyor 2001, cloué au sol après l'échec de Mars Polar Lander. Deux instruments appartenant à cette mission avortée, et qui sont déjà assemblés, devraient également être embarqués.

MARVEL : Cet orbiteur devra étudier la chimie de l'atmosphère martienne grâce à deux spectromètres, l'un fonctionnant dans le domaine de l'infrarouge, l'autre dans le domaine des ondes radios. MARVEL se focalisera sur les molécules qui pourraient indiquer la présence d'un volcanisme actif ou d'une activité microbienne (comme le méthane). La sonde devrait également surveiller le comportement de l'eau dans l'atmosphère durant une année martienne.

Comme nous pouvons le voir, les quatre projets retenus sont tous aussi enthousiasmants les uns que les autres, et la sélection finale ne va pas être une partie de plaisir, à la fois pour la NASA et pour les équipes responsables de chaque mission. L'idéal serait bien sûr que l'agence spatiale américaine débloque assez de crédits pour mener chacun de ces projets vers un pas de tir !

 

SNC Le paradoxe des météorites martiennes résolu
[11 novembre - 13:30] : Jusqu'à présent, nous avons découvert sur Terre 26 météorites martiennes. A une exception près, ces pierres sont très jeunes, puisque leur age varie en moyenne de 170 millions d'années à 1,3 milliards d'années. Or, la surface martienne est en moyenne beaucoup plus ancienne : si l'hémisphère nord de Mars est effectivement composé de terrains récents, les étendues qui forment l'hémisphère sud dateraient de 4 milliards d'années. Etant donné que les impacts qui éjectent des fragments de la croûte martienne vers notre planète
frappent aléatoirement n'importe quelle région du globe martien, on devrait s'attendre à recevoir sur Terre des météorites bien plus âgées.

Deux chercheurs, qui ont publié leurs travaux dans la prestigieuse revue Science, viennent peut-être de trouver la solution de l'énigme. En simulant avec une grande précision sur ordinateur le mécanisme des impacts martiens, ils ont découvert que les terrains âgés, concassés et fragilisés par des impacts précédents, sont moins favorables à la satellisation de fragments rocheux que les terrains jeunes.

La simulation a également permis de comprendre la relativement grande abondance des météorites martiennes. Jusqu'à présent, on pensait que seuls des impacts très violents, capables de laisser en surface des cicatrices de 12 kilomètres de diamètre, pouvaient libérer l'énergie suffisante à l'expulsion de débris rocheux vers l'espace (pour qu'un fragment puisse échapper à l'attraction de la planète Mars et vagabonder dans le vide interplanétaire, il doit acquérir une vitesse supérieure à la vitesse de libération, soit 5.2 km/s). Les cratères d'impact de 12 kilomètres de diamètre sont extrêmement rares et s'il ne fallait compter que sur eux pour obtenir des météorites martiennes, on serait encore à chercher la première. Ce second paradoxe semble avoir été lui aussi résolu : les calculs ont effectivement permis de découvrir que des collisions quatre fois plus modestes, créant des cratères de seulement 3 kilomètres de diamètre, pouvaient parfaitement éjecter des fragments rocheux vers l'espace.

Ces travaux ont au moins deux conséquences, une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est que les impacts de 3 kilomètres sont relativement fréquents. En contribuant fortement aux échanges de matériaux rocheux entre Mars et la Terre, ils assurent un approvisionnement non négligeable en météorites martiennes, à tel point qu'il doit en tomber au moins une chaque mois ! Une petite lueur d'espoir pour tous ceux qui rêvent un jour de découvrir sous leurs pieds une pierre martienne ...

La mauvaise nouvelle, c'est que cette pluie providentielle est principalement constituée de matériaux jeunes, les terrains récents étant, comme nous l'avons vu, de bien meilleures plateformes de tirs que les terrains anciens. Or ce sont justement ces derniers qui sont dépositaires de l'histoire martienne. Seules des roches vieilles de plusieurs milliards d'années ont pu conserver les traces d'une éventuelle vie passée. La célèbre météorite ALH84001, vieille de 4,5 milliards d'années et dans laquelle la NASA a annoncé avoir découvert des traces fossiles d'une vie martienne en 1996, semble donc être l'exception qui confirme la règle.

Ainsi, si le flux de météorites martiennes qui frappe actuellement la Terre laisse présager bien de nouvelles trouvailles, les exobiologistes devront probablement attendre un retour d'échantillons avant d'avoir dans leurs mains des roches compatibles avec la recherche d'une vie martienne. Si Mars est prête à collaborer avec nous, il ne faut apparemment pas non plus lui demander la Lune ...

 

Mars Global Surveyor Nouvelle fournée d'images martiennes
[10 octobre - 12:10] : Le grand album photo de Mars Global Surveyor compte désormais 18 812 images de plus. Tous les six mois, la NASA publie effectivement une nouvelle série d'images acquises par les deux caméras de l'orbiteur martien. La nouvelle fournée contient les clichés obtenus entre le mois d'août 2001 et le mois de janvier 2002 (la mise à jour précédente avait eu lieu au mois de mai 2002, et portait sur 15 000 images). Pour célébrer cette nouvelle avalanche d'images, la NASA a dévoilé des images couleurs stupéfiantes de deux cratères d'impact aux parois intensément ravinées.
Ce dernier archivage porte à 112 218 le total d'images librement consultables sur Internet (via le site du MSSS), un nombre supérieur à la totalité des clichés renvoyés par les deux orbiteurs Viking entre 1976 et 1982. Parallèlement à cette publication, la NASA a également archivé sur le Planetary Data System les images et données collectées par la sonde Mars Odyssey au cours de sa phase de croisière et de ses six premières semaines de cartographie.

 

Nozomi Nozomi de nouveau dans la course
[23 septembre - 22:50] : L'ISAS, l'agence spatiale japonaise, vient d'annoncer que le sauvetage de la petite sonde martienne Nozomi est en bonne voie. Le 21 avril dernier, l'infortuné orbiteur avait en effet été frappé par un nuage de particules très énergétiques provenant d'une éjection de masse coronale (plasma expulsé par la couronne solaire). Le choc avait causé des dysfonctionnements importants parmi les systèmes de bord, ainsi qu'une perte de communication. Après plusieurs mois d'investigation, les ingénieurs sont finalement parvenus à reprendre les choses en main, et rien ne semble plus pouvoir empêcher Nozomi d'accomplir la prochaine étape de sa mission, à savoir un survol de la Terre en décembre 2002.

Lancée au mois de juillet 1998, Nozomi aurait du se placer en orbite autour de Mars en octobre 1999. Malheureusement, le 21 décembre 1998, après une manœuvre de correction de trajectoire critique, l'ISAS découvre avec stupeur que le moteur de la sonde a consommé une quantité de carburant bien plus importante que prévu, et que l'engin n'en a désormais plus assez pour rejoindre son objectif. Dans l'urgence, les navigateurs japonais conçoivent alors un nouveau plan de vol. Ayant épuisé pratiquement tout son carburant, Nozomi n'a dorénavant pas d'autres solutions que d'utiliser l'assistance gravitationnelle des planètes pour prendre de la vitesse. La nouvelle trajectoire passe donc à deux reprises (décembre 2002 puis juin 2003) à proximité de notre bonne vieille planète. Cette technique salvatrice a cependant un prix : elle va retarder de 4 années l'arrivée de la sonde sur Mars, une arrivée aujourd'hui prévue pour le mois de mars 2004. Lorsqu'elle sera enfin sur place, Nozomi étudiera principalement la haute atmosphère martienne grâce à ses 14 instruments scientifiques, en bénéficiant de surcroît du concours de la sonde européenne Mars Express.

 

Avion martien Baptême de l'air pour un avion martien
[23 septembre - 22:50] : Le prototype d'un avion martien vient d'être testé avec succès dans l'Oregon aux Etats-Unis. Baptisé Eagle, l'engin a été lâché d'un ballon à 30 000 mètres d'altitude, un niveau où la pression atmosphérique est similaire à celle qui règne sur Mars. Après avoir déployé ses ailes, Eagle a réalisé un vol sans fautes de 90 minutes avant d'atterrir sans dommage.
Conçu par le centre Langley de la NASA en collaboration avec des industriels, ce prototype pourrait servir de base à la création d'un avion martien (si Eagle n'est pour l'instant qu'un simple planeur, les avions martiens seront par contre vraisemblablement propulsés par un moteur fusée à hydrazine). L'engin volant a d'ailleurs d'ores et déjà été proposé à la NASA dans le cadre du programme Scout (qui consiste à lancer dans les années qui viennent des petites sondes peu coûteuses vers Mars).

Les avions représentent probablement l'un des moyens les plus prometteurs pour l'étude de la planète rouge. Alors que les rovers sont rapidement handicapés en terrain accidenté, les avions peuvent se déplacer au-dessus de n'importe quel secteur du globe martien. Evoluant à quelques kilomètres d'altitude et bénéficiant d'un point de vue unique, ils peuvent également scruter la surface martienne avec un niveau de précision hors de portée des orbiteurs. 

Un second essai à haute altitude devrait être réalisé le 17 décembre 2003 pour célébrer le 100ème anniversaire du premier vol motorisé américain. A l'origine, cet anniversaire devait être commémoré sur Mars par l'avion Kitty Hawk dans le cadre des micromissions, dont plus personne ne parle aujourd'hui. La réalité étant souvent en deçà de nos rêves, ce n'est donc pas dans le ciel martien que la NASA célébrera le vol historique des frères Wright, mais plus modestement sur Terre ...

 

Deep Space Network DSN Wide Shut
[14 septembre - 15:35] : Ce n'est pas tout d'envoyer des armadas de sondes vers Mars, encore faut-il pouvoir communiquer avec. Fin 2003 début 2004, pas moins de 5 engins spatiaux vont effectivement tenter d'atteindre la planète rouge : les deux rovers américains MER, l'orbiteur Mars Express de l'agence spatiale européenne accompagné de l'atterrisseur britannique Beagle 2, et enfin la sonde japonaise Nozomi (lancée le 4 juillet 1998 mais sérieusement retardée suite à un ennui technique). Si l'on compte en plus les deux orbiteurs déjà sur place (Mars Global Surveyor et Mars Odyssey), on comprend que cet assaut robotique sans précédent risque de provoquer un encombrement critique du réseau de communications spatiales de la NASA. Baptisé Deep Space Network (DSN), ce réseau comprend trois séries d'antennes implantées à 120° de longitude l'une de l'autre (Canberra en Australie, Madrid en Espagne et Goldstone en Californie). Ce positionnement permet de contrer la rotation de la Terre en restant en contact permanent avec les sondes spatiales. Dès qu'une sonde sort du champ de vision d'une antenne, la station de poursuite suivante est là pour prendre le relais. Pour faire face à l'embouteillage de 2003, la NASA a donc décidé d'améliorer les capacités du DSN. Du temps d'écoute va aussi être acheté auprès du radiotélescope de Parkes (Australie), dont l'antenne de 64 mètres sera modernisée pour l'occasion. Histoire de ne pas rester à la traîne, l'agence spatiale européenne (ESA) fait également construire de son côté une nouvelle station d'écoute, dotée d'une antenne de 35 mètres, près de la ville australienne de New Norcia.

 

Mars Mars aux rayons X
[25 août - 12:30] : Le télescope spatial américain Chandra a réalisé la première image de Mars dans le domaine X. Comme d'autres planètes du système solaire, Mars émet naturellement des rayons X. L'élément responsable de la majeure partie de l'émission n'est autre que l'oxygène. Vers 80 kilomètres d'altitude, les particules du vent solaire ionisent les rares atomes d'oxygène de l'atmosphère martienne. Lorsque ceux-ci reviennent à leur état initial, ils émettent des rayons X. Chandra a également détecté une lueur X plus faible, une sorte de halo situé à 20 000 kilomètres de Mars. Ici, l'émission est due à l'interaction du vent solaire avec des atomes d'oxygène ayant réussi à s'échapper de l'atmosphère martienne. Cette "radiographie" historique (visible ici) a été obtenue en juillet 2001, soit trois semaines après l'opposition du 13 juin 2001 (la planète rouge n'était alors qu'à 67 millions de kilomètres de la Terre). A cette époque, une tempête de poussière s'était levée dans le bassin d'Hellas et quelques semaines plus tard, la planète Mars était entièrement ensevelie sous la poussière. Si ce manteau poussiéreux a masqué la surface martienne aux yeux électroniques de Mars Global Surveyor, elle n'a guère ennuyé Chandra. Grâce à elle, les scientifiques se sont rendus compte que les particules de poussière présentes dans la haute atmosphère n'étaient pas des sources de rayons X (les maelströms poussiéreux ne rayonnaient effectivement pas plus que les zones plus calmes).

 

Système solaire Partie de cache cache avec le Soleil
[25 août - 12:30] : Depuis la fin du mois de juillet, la planète rouge était en conjonction (le soleil est alors situé entre la Terre et Mars). Vue depuis la Terre, Mars vagabonde alors à proximité immédiate du Soleil, pour finir par disparaître derrière lui. Au cours d'une conjonction, l'activité électromagnétique de notre étoile perturbe fortement le signal radio de Mars Global Surveyor, ce qui rend les communications radios avec l'orbiteur difficiles, voire impossibles. La sonde a donc été mise au repos, et certains instruments (comme la caméra) ont été désactivés. La conjonction touche actuellement à sa fin, et les opérations devraient reprendre très rapidement. Mars Global Surveyor a déjà connu deux conjonctions : la première avait eu lieu au mois de mai 1998, tandis que la deuxième s'était produite au mois de juin 2000.

 

Mars Express Magnum sur Mars
[7 août - 16:10] : On avait déjà pu admirer le logo Pizza Hut sur les fusées Soyouz, voilà maintenant que Mars Express va porter les couleurs de Ferrari ! L'orbiteur de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) va effectivement emporter avec lui une petite sphère de verre de deux centimètres de diamètre, qui contiendra un peu de la célèbre peinture rouge qui habile de façon si sensuelle les Testarossa et autres Lamborghini ... Après tout, pourquoi pas ? Reste que le temps passé à qualifier la peinture pour le vol spatial serait certainement bien mieux employé à vérifier et vérifier encore tous les systèmes vitaux de la sonde. Histoire qu'elle ne finisse pas comme la 308 GTS de Robin Masters dans l'un des épisodes de la fameuse série Magnum ...

 

Analyse chimique et vie martienne

ALH84001 vit encore
[7 août - 16:00] : La controverse autour de la météorite martienne ALH84001 n'est décidément pas finie. En août 1996, la NASA avait annoncé de façon tonitruante la découverte de fossiles martiens au cœur de cette météorite extirpée des glaces de l'Antarctique. Aujourd'hui, après des milliers d'études, tous les indices présentés comme des preuves de l'existence d'une vie martienne ont été jetés aux oubliettes. Tous, sauf un. ALH84001 renferme effectivement en son sein, dans des nodules de carbonates, des cristaux de magnétite d'une pureté incroyable. Etant donné que sur Terre, seules des bactéries sont capables d'en fabriquer de pareils (elles s'en servent comme d'une boussole), cet oxyde de fer était considéré comme un biomarqueur fiable et solide.

Il y a quelques mois, une équipe scientifique avait cependant montré que les atomes d'oxygène des cristaux de magnétite étaient alignés sur le même plan que ceux des cristaux de carbonates, ce qui prouvait qu'ils étaient apparus directement là où on les observe encore aujourd'hui, dans les carbonates, et certainement pas dans l'intérieur humide d'une cellule martienne. La découverte paraissait assez importante pour mettre définitivement un terme à la controverse qui entoure ALH84001, mais la riposte ne s'est pourtant pas fait attendre.

D'après un article paru dans le numéro d'août de la revue Applied and Environmental Microbiology, 25 % des cristaux de magnétite emprisonnés dans ALH84001 seraient indubitablement d'origine biologique. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont déterminé les principales propriétés de tous les cristaux de magnétite trouvés dans la météorite. Ce recensement a montré que si certains cristaux n'ont effectivement rien d'exceptionnel, un quart d'entre eux nécessiteraient l'intervention de microorganismes pour apparaître (en l'état actuel de nos connaissances). On l'aura compris, outre des études qui doivent être réalisées à l'échelle du nanomètre ou pire, les scientifiques font également face à un autre problème de taille : ils n'étudient pas la même chose. ALH84001 est hétérogène à tous les niveaux, ce qui fait que les quelques milligrammes de roches envoyés à un laboratoire peuvent être bien différents de ceux fournis à un autre (ce qui peut conduire à des interprétations erronées). En ce qui concerne la magnétite, la prochaine étape sera donc de vérifier si les plans atomiques des cristaux catalogués comme "biologiques" sont alignés ou non avec ceux des carbonates. En attendant, force est de constater qu'après six années d'études intensives, ALH84001 garde encore son plus grand secret ...

 

CNES

Allons-nous perdre Mars ?
[17 juillet - 17:45] : La participation française à l'ambitieuse mission de retour d'échantillons martiens orchestrée par la NASA est apparemment sérieusement remise en question. Baptisé Mars Premier, cette participation prévoyait (entre autres) l'envoi d'un orbiteur français en 2007, pour tester le rendez-vous en orbite martienne avec un container d'échantillons et larguer les quatre petites stations de la mission franco-européenne Netlander. Initialement dirigé par le CNES, Mars Premier risque aujourd'hui d'être placé sous le giron d'Aurora, un programme de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) qui est sensé définir pour l'Europe la stratégie d'exploration du système solaire pour les 30 prochaines années. Programme fourre-tout à long terme, Aurora ne semble malheureusement pas adapté à l'accueil de Mars Premier. Son financement est de plus en inadéquation complète avec le lancement d'une sonde martienne (14 millions d'euros pour les trois premières années, alors que Mars Premier nécessite dans son ensemble une enveloppe d'au minimum 300 millions d'euros).

Jusqu'à aujourd'hui, l'exploration spatiale de la planète Mars a été dominée sans partage par la NASA. L'Europe va lancer sa première sonde martienne en juin 2003, les Etats-Unis ont lancé la leur en 1964 ! Si rien n'est fait, le grand livre de la conquête martienne sera entièrement écrit par la NASA et les Etats-Unis. Nous pouvons décider d'être acteur de cette exploration, en nous donnant les moyens de nos ambitions. Ou nous pouvons continuer d'être de simples spectateurs en regardant, par le biais d'Internet, les atterrissages et les mises en orbite des robots américains. Si nous choisissons cette solution de facilité, nous devrons en assumer les conséquences. Il ne faudra pas crier au scandale lorsque la NASA s'adjugera toutes les roches martiennes, en nous jetant à titre gracieux quelques milligrammes de poussière à analyser. Il ne faudra pas jouer les envieux frustrés lorsque les premiers américains débarqueront sur Mars en imprimant dans le régolite les mêmes empreintes que celles qu'ils ont déjà laissés sur la Lune. Il ne faudra pas gémir tel un partenaire éconduit devant la prise en otage de la science martienne par la NASA.

Forcés de rappeler au Monde qui ils sont, les américains sont de nouveau partis en guerre, une guerre qui n'aura pas seulement lieu sur les déserts terrestres, et dont les robots ne seront pas uniquement des drones de combat. Claude Allègre, qui avait parfaitement compris l'importance et les enjeux fondamentaux de l'exploration martienne (mais qui n'est manifestement pas écouté comme il le mérite), avait donné à la France l'opportunité unique de participer à cette aventure scientifique et technique aux retombées faramineuses. Si nous passons à côté, si nous laissons s'échapper cette occasion de prendre une part active dans l'exploration martienne pour cause de tergiversations politiques ou financières, c'est que nous n'avons décidément rien appris.

 

Mars Reconnaissance Orbiter Une fusée Atlas III pour l'orbiteur de 2005
[12 juin - 20:30] : La sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), dont le départ est prévu en 2005, partira sous la coiffe d'une fusée Atlas III de la société Lockheed Martin Astronautics. Cette firme, déjà responsable du design de la sonde, fournira donc également son lanceur. Comparé aux précédents orbiteurs martiens propulsés par des fusées Delta II de Boeing, MRO est un poids lourd : la sonde pèse 1975 kg, contre 1050 kg pour Mars Global Surveyor et 725 kg pour Mars Odyssey. L'orbiteur, qui embarquera de puissants instruments scientifiques (dont une caméra 6 fois plus précise que celle de Mars Global Surveyor), profitera d'une fenêtre de lancement de 21 jours qui débutera le 8 août 2005.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey a déployé son mât instrumental
[5 juin - 19:45] : Le 4 juin 2002, la sonde Mars Odyssey a déployé avec succès le mât supportant le capteur du spectromètre gamma (GRS). Jusqu'à présent, ce mât était replié sur lui-même, ce qui permettait au GRS de quantifier le rayonnement gamma parasite émis par le corps de la sonde (histoire de pouvoir ensuite le soustraire du rayonnement naturel martien). Après cette période de calibration qui a duré plusieurs mois, le mât de 6 mètres de longueur devait être complètement déployé. Une opération très critique, puisqu'un déploiement incomplet aurait déplacé le centre de gravité de la sonde, compromettant ainsi gravement la mission. Fort heureusement, l'extension du mât s'est déroulée à la perfection et la sonde Mars Odyssey est désormais pleinement opérationnelle. Maintenu à bonne distance de la structure perturbatrice de l'orbiteur, le capteur du GRS va pouvoir réellement commencer à analyser la composition chimique de la surface martienne, tout en continuant à étudier - avec une sensibilité et une précision accrue - les immenses quantités de glace qu'il a déjà contribué à mettre en évidence !

 

L'eau sur Mars La planète Mars est un glaçon !
[30 mai - 14:15] : Avec un art consommé de la communication, la NASA a orchestré un beau tapage médiatique sur un sujet au pouvoir de fascination jamais démenti, à savoir l'existence de vastes quantités d'eau sur la planète Mars [lire la chronique].

 

Nozomi Nozomi victime d'une éruption solaire
[26 mai - 13:15] : Le 21 avril dernier, la sonde japonaise Nozomi a subi de plein fouet une bouffée de particules solaires, qui ont endommagé un transmetteur radio et coupé les communications avec la Terre. La situation ne semble cependant pas désespérée, puisque les ingénieurs japonais ont assuré qu'ils pouvaient réparer l'orbiteur dans un délai de six mois. Lancée le 4 juillet 1998, Nozomi aurait du arriver sur Mars en octobre 1999. Malheureusement, un dysfonctionnement du système de propulsion l'a empêché de se placer sur la bonne trajectoire. Les navigateurs ont alors dessiné un nouveau plan de vol qui permettra quand même à la sonde d'atteindre Mars, mais après un voyage rallongé de quatre longues années. Or la petite sonde n'avait pas été conçue à l'origine pour une escapade interplanétaire aussi longue. Etant donné que Nozomi a déjà perdu l'un de ses transmetteurs radio, il est possible que lors de son arrivée sur la planète rouge, ce ne soit plus qu'un amas de ferraille inutilisable. Pourtant, un miracle est toujours possible. D'ailleurs le mot Nozomi ne signifie-t-il pas espoir en japonais ?

 

Analyse chimique et vie martienne Les microfossiles d'ALH84001 en disgrâce
[20 mai - 12:35] : En 1996, la NASA fait sensation en annonçant la découverte de nanofossiles martiens au sein d'une météorite arrachée des glaces de antarctique, ALH84001. Depuis, les preuves en faveur d'une vie martienne au sein de la roche ont été rejetées les unes après les autres. Six ans plus tard, le seul indice encore valable reste la présence de cristaux de magnétite identiques en taille, forme et composition aux cristaux que certaines bactéries terrestres utilisent comme boussole pour s'orienter dans le champ magnétique terrestre. Comme les cristaux de magnétite d'origine biologique diffèrent de tout ce que l'on connaît, et qu'aucun procédé chimique n'a (pour l'instant) été capable d'en fabriquer de pareils, la découverte de tels cristaux au sein d'ALH84001 représentait une preuve convaincante de l'existence passé de microorganismes martiens. Ce n'est désormais plus le cas. En étudiant la météorite au niveau atomique (!), une équipe de chercheurs a découvert que les atomes d'oxygène des cristaux de magnétite étaient alignés sur le même plan que ceux des cristaux de carbonates. Ce qui prouve que la magnétite est apparue directement là où on l'observe encore aujourd'hui, dans les carbonates, et non pas dans la cellule humide d'une bestiole martienne. Selon ces chercheurs, la magnétite se serait formée lors de la vaporisation partielle des carbonates au moment de l'impact qui a éjecté la météorite de la surface martienne. Il est donc de plus en plus probable qu'ALH84001 ne porte aucun trace d'un quelconque organisme martien ... 

 

Observation Le mystère des éclairs martiens résolu ?
[20 mai - 12:35] : En 1890, des astronomes observent pour la première fois un phénomène énigmatique à la surface de Mars : des éclairs brillants, qui apparaissent et disparaissent. A cette époque, la controverse des canaux martiens fait rage, et ces flashs sont interprétés comme des tentatives de communication de la part des martiens ! Ils seront de nouveau observés par des astronomes amateurs dans les années 1950 et bien plus récemment, en septembre 2001, un groupe d'amateurs américains redécouvre le phénomène dans les régions d'Edom Promontorium and Tithonius Lacus. Depuis, des calculs ont montré que ces deux secteurs étaient à ce moment là correctement orienté pour renvoyer vers la Terre la lumière du Soleil.
Les flashs martiens seraient donc simplement dus à la réflexion des rayons du Soleil sur des nuages composés de fins cristaux de glace, ou sur une surface gelée. Point intéressant, la présence de glace dans les deux régions a été confirmée par les données des spectromètres à neutrons de la sonde Mars Odyssey. Qu'ils soit microscopiques (voir brève ci-dessus) ou intelligents, les martiens n'ont décidément guère la côte en ce moment !

 

SNC Nouvelles caillasses martiennes
[12 mai - 13:45] : Deux nouvelles pierres martiennes ont été découvertes récemment par des chasseurs de météorites dans le désert du Sahara : il s'agit de NWA 998 (classée parmi les nakhlites) et NWA 1195 (classée parmi les shergottites). Ces trouvailles portent désormais à 26 le nombre de cailloux en provenance de Mars ramassés sur notre bonne vieille planète. Les fiches descriptives des deux météorites sont d'ores et déjà disponibles ici.

 

Observation Danse avec les planètes 
[9 mai - 15:10] : Au mois d'avril, les cinq planètes connues dans l'antiquité, Mercure, Venus, Mars, Jupiter et Saturne ont formé un alignement enchanteur sur la voûte céleste. Le spectacle n'est cependant pas terminé, loin de là. Les planètes Mars, Vénus et Saturne n'ont depuis cessé de se rapprocher l'une de l'autre, jusqu'à tenir dans un mouchoir de poche. Le 6 mai, les trois astres ont formé un superbe triangle lumineux et le 10 mai, un évènement très rare aura lieu : Mars et Vénus se frôleront de tellement près qu'elles ne feront plus qu'une dans le ciel piqueté d'étoiles ! Si la météo le permet, ne ratez surtout pas cette rencontre céleste, visible dès 22 heures dans la direction du nord-ouest.

 

Mars Global Surveyor 15 000 images de plus pour Mars Global Surveyor
[9 mai - 15:10] : L’album photo de la sonde Mars Global Surveyor vient de s’enrichir de 15 252 nouvelles images, ce qui porte désormais le total des clichés consultables à plus de 93 000. Ce nouveau lot représente les photographies que l’orbiteur a acquises depuis le début de la mission étendue, qui a débuté le 1er février 2001. Le fabuleux catalogue, librement consultable sur Internet, contient plus d’images que la totalité de clichés obtenus par les précédentes sondes martiennes. Il regroupe les photographies collectées par les deux caméras de Mars Global Surveyor : celle à petit champ - qui fournit des images en noir et blanc très précises de la surface martienne - et celle à grand champ - qui produit des images en couleurs d’une partie ou de la totalité de globe martien. Rejointe le 24 octobre 2001 par la sonde Mars Odyssey qui lui a volé la vedette, Mars Global Surveyor n'en continue pas moins d'étudier la planète Mars sous toutes ses coutures. L'orbiteur profite de son extension de mission pour parfaire la couverture cartographique de Mars - en observant les régions qui lui avaient pour l'instant échappé - et caractériser les sites d’atterrissage des futures sondes martiennes (en particulier ceux des rovers de 2003).

 

Mas Exploration Rover MER : Le casse-tête des sites d'atterrissage
[14 avril - 14:45] : La sélection des sites d'atterrissage pour les deux rovers américains de 2003 s'avère plus difficile que prévue. Chaque site possède effectivement des inconvénients, certains étant vraiment préoccupants. Le secteur à hématite, situé dans Terra Meridiani, est soumis à des températures très basses, qui pourraient affecter la longévité du rover. Très plat, ce site pourrait également devenir rapidement ennuyeux d'un point de vue géologique. Le cratère d'impact Gusev semble de son côté très poussiéreux, si l'on en croit les nombreux tourbillons de poussière qui ont été aperçus à sa surface. En se déposant sur les panneaux solaires, et en recouvrant le terrain d'un manteau uniforme (que certains instruments scientifiques ne pourraient pas percer), cette poussière omniprésente pourrait compromettre la mission. Le troisième site envisagé, le bassin d'Isidis, est apparemment très caillouteux, ce qui laisse craindre un possible endommagement des airbags au moment de l'atterrissage. De plus, ce site n'est situé qu'à 380 km de celui de l'atterrisseur britannique Beagle 2. Les scientifiques n'ayant pas tous les jours l'occasion d'atterrir sur Mars, on comprend qu'ils veulent éviter dans la mesure du possible les doublons. Quant au site de Melas Chasma, situé en plein cœur du majestueux canyon de Valles Marineris, on lui reproche d'être non seulement accidenté, mais aussi trop venteux. Les canyons pourraient effectivement canaliser et accélérer les vents jusqu'à des vitesses qui rentraient impossible tout atterrissage. Le risque est tellement sérieux que Melas Chasma vient d'être définitivement éliminé ... La seule bonne nouvelle concerne la date de la sélection finale. Normalement, la décision aurait du être prise lors d'un colloque, qui s'est tenu à Pasadena en Californie du 26 au 28 mars dernier. Cependant, les ingénieurs ont découvert que les rovers allaient pouvoir emporter un peu plus de carburant que prévu, ce qui va offrir une plus grande souplesse quand à la trajectoire que les rovers devront suivre. Les scientifiques et ingénieurs disposent maintenant d'une année supplémentaire pour approfondir l'étude des sites candidats (en profitant des données recueillies par Mars Global Surveyor et Mars Odyssey) et faire un choix définitif. Vu la difficulté de la tache, personne ne va s'en plaindre !

 

Mars Odyssey Joyeux anniversaire Mars Odyssey !
[7 avril - 17:02] : Il y a exactement un an jour pour jour, Mars Odyssey s'arrachait de son pas de tir et s'envolait vers la planète rouge. Pour cette sonde martienne, l'année qui vient de s'écouler a été un succès retentissant : 460 millions de kilomètres parcourus sans soucis majeurs, une mise en orbite d'une précision sans précédent, un aérofreinage magistralement exécuté, et, après seulement un mois d'observation, des résultats scientifiques très prometteurs obtenus par une charge utile entièrement opérationnelle.
Depuis le 7 avril 2001, bien des évènements ont donc eu lieu. Pourtant, les découvertes les plus importantes restent encore à venir !

 

SNC Nouvelles caillasses martiennes
[7 avril - 17:02] : Deux nouvelles météorites ont été trouvées aux alentours de la région de Sayh al Uhaymir dans le désert d'Oman, un secteur qui a déjà fourni 4 pierres martiennes. Baptisées SAU 060 et SAU 090, ces météorites sont fortement apparentées aux précédentes. Comme tous les fragments dénichés dans la région de Sayh al Uhaymir proviennent vraisemblablement de l'explosion d'une seule et même météorite, le nombre de pierres martiennes ramassées sur Terre est donc toujours de 24.

 

Mars Odyssey MARIE est réparée !
[17 mars - 15:30] : MARIE, l'un des trois instruments scientifiques de la sonde Mars Odyssey, fonctionne à nouveau. Cet appareil, dont l'objectif est d'évaluer le niveau de radiations autour de la planète Mars, avait brutalement cessé de répondre au mois d'août 2001. Fin février 2002 (peu après la fin de la phase d'aérofreinage), les ingénieurs ont effectué de nombreux tests afin de déterminer la cause probable de la panne. Selon eux, le logiciel de bord aurait apparemment été frappé par une erreur mémoire. La communication a été rétablie au début du mois et depuis le 13 mars, MARIE collecte à nouveau des données. Voilà donc une excellente nouvelle, qui vient s'ajouter aux résultats prometteurs que Mars Odyssey a engrangé depuis le début de la phase scientifique ...

 

SNC Nouvelle météorite martienne
[17 mars - 15:30] : Une nouvelle caillasse martienne a été découverte en septembre 2001 dans les sables du Sahara marocain. Baptisée NWA 1110, cette météorite provient apparemment de la même chute que NWA 1068, une autre pierre martienne dénichée en avril 2001 par deux chercheurs de météorites français. Comme ces deux météorites forment une paire, le nombre de roches en provenance de Mars ramassées sur Terre est toujours de 24. Des géologues français avaient identifié NWA 1068 comme étant une picrite, c'est à dire une roche volcanique très riche en minéraux ferromagnésiens (olivine, pyroxènes). Cependant, après avoir effectué des analyses sur sa compagne NWA 1110, des chercheurs américains contestent aujourd'hui cette classification. Selon eux, les deux pierres ne seraient que des shergottites basaltiques (la classe la plus répandue de météorites martiennes) classiques.

 

Hubble Hubble s'est refait une santé
[10 mars - 18:30] : Le 1er mars, la navette spatiale Columbia s'est élancée vers le télescope spatial Hubble, l'objectif de la mission étant de remettre à neuf ce fabuleux observatoire. Outre le replacement des panneaux solaires, de l'unité de distribution énergétique et du système de refroidissement d'un spectromètre infrarouge, les astronautes devaient également installer une nouvelle caméra de 75 millions de dollars, l'ACS. La réussite de la mission, qui comprenait cinq sorties extravéhiculaires et dont la complexité laisse rêveur, confirme l'extraordinaire maîtrise de la NASA. Grâce à cette impressionnante prouesse technique, Hubble va nous permettre, une fois de plus, de jeter un oeil nouveau sur l'Univers en général, et Mars en particulier. La nouvelle caméra ACS offre effectivement une sensibilité cinq fois plus élevée que l'actuelle caméra planétaire WFPC-2, et va permettre de gagner un facteur 2 côté résolution. Quand on voit la qualité des images obtenues par Hubble au cours de l'opposition de 2001 (Mars était alors à une distance de 68 millions de kilomètres), on se surprend à rêver de ce que le télescope spatial nous dévoilera en 2003, lorsque la planète rouge frôlera la Terre à 56 millions de kilomètres.

 

L'eau sur Mars Des tonnes de glace sur Mars !
[3 mars - 14:25] : Le 1er mars, lors d'une conférence de presse, la NASA a dévoilé les premiers résultats engrangés par la sonde Mars Odyssey. Si ces derniers sont préliminaires (l'orbiteur n'a effectivement que quelques jours d'observation à son actif), ils n'en sont pas moins particulièrement excitants, et les scientifiques ne cachent d'ailleurs pas leur enthousiasme.
L'annonce la plus marquante concerne l'identification de vastes quantités de glace autour du pôle sud, bien au-delà de la calotte polaire (du pôle jusqu'à 60° de latitude sud). Le spectromètre gamma (GRS) ainsi que les deux spectromètres à neutrons ont détecté de fortes concentrations d'hydrogène à très faible profondeur (moins d'un mètre). Etant donné que l'hydrogène est l'un des constituants de la molécule d'eau, les scientifiques estiment qu'il s'agit de glace, présente dans le sol à hauteur de quelques %. Des concentrations similaires existeraient autour du pôle nord, mais la glace nordique est pour l'instant indétectable, masquée par la calotte saisonnière hivernale (formée de dioxyde de carbone solide). Des études supplémentaires seront bien entendu nécessaires pour confirmer ce résultat aux perspectives fascinantes (non seulement pour l'envoi de l'Homme sur Mars, mais aussi pour la possible existence d'une vie martienne). Notons que le mât du GRS n'est toujours pas déployé, et que l'instrument ne fonctionne donc pas encore au maximum de ses possibilités (ça promet pour la suite !). L'imageur THEMIS, doué de vision nocturne, a également renvoyé quelques vues magnifiques de la surface martienne. Ses images infrarouges permettent d'apprécier avec une clarté sans précédent les températures de la surface. Il est ainsi possible d'identifier la nature des terrains (les roches conservant la chaleur plus longtemps que la poussière), ou de différencier les terrains exposés à la lumière du soleil de ceux plongés dans l'ombre. THEMIS est tellement sensible qu'il peut voir dans l'infrarouge des terrains dont la température avoisine les -100°C. L'instrument pourra donc détecter sans le moindre problème des coulées de lave ou des bouches hydrothermales ! La première image infrarouge en couleur a également été présentée. Cette dernière n'avait rien de phénoménale, mais dans quelques mois, des images similaires permettront de dresser une carte minéralogique détaillée de la planète Mars. Seul bémol dans cette avalanche de bonnes nouvelles, le dysfonctionnement de l'instrument MARIE, qui est actuellement en cours de réparation. Les données qu'il a collecté pendant le trajet Terre - Mars ont cependant été présentées : au cours d'un voyage vers Mars, les astronautes s'exposeraient à plus de deux fois la dose de radiations encaissés par ceux oeuvrant sur la station spatiale internationale. En quelques images et diagrammes, Mars Odyssey nous a donc donné une petite idée de ses formidables capacités. Elle pourrait bien, comme Mars Global Surveyor avant elle, révolutionner nos connaissances de la planète rouge.

 

Mars Odyssey Début des opérations scientifiques pour Mars Odyssey
[20 février - 21:50] : En allumant sa batterie d'instruments scientifiques le 18 février dernier, la sonde Mars Odyssey a officiellement commencé sa mission. La cartographie de la surface martienne ne va cependant pas débuter immédiatement. Avant de pouvoir collecter des données utiles, les instruments doivent effectivement être calibrés. L'étalonnage de la caméra THEMIS, qui fonctionne dans le visible et l'infrarouge, devrait prendre quelques jours (même si l'optimisation des réglages demandera plus de temps).
Les premières images obtenues depuis l'orbite de cartographie par cet instrument seront dévoilées le 1 mars 2002 lors d'une conférence de presse. Le spectromètre gamma (GRS) a quant à lui passé une étape cruciale de sa mise en service. Jusqu'à présent, la trappe qui protégeait le capteur était restée fermée. Cette dernière a été ouverte avec succès le 18 février, exposant ainsi le senseur du spectromètre au vide glacé de l'espace (la température optimale de fonctionnement de l'instrument se situe aux alentours de -140°C). Le GRS, qui est flanqué de deux spectromètres à neutrons, devrait être opérationnel à la fin de la semaine. Sa phase de calibration va cependant s'étaler sur plusieurs mois. Le capteur du GRS est fixé sur un mât de 6 mètres de long, qui est pour l'instant replié sur lui-même. Depuis cette position, le GRS peut étudier les rayonnements gamma parasites naturellement émis par le corps de la sonde. Le mât sera ensuite déployé pour éloigner le capteur des structures de l'orbiteur, et le GRS pourra alors véritablement commencer à mesurer la composition élémentaire de la surface martienne. Une fois les opérations de calibration effectuées, les ingénieurs vont tenter de remettre en marche le troisième et dernier instrument, MARIE, dont l'état est rééllement préoccupant. Les communications avec cet appareil avaient été interrompues en août 2001, sans que l'on comprenne pourquoi. A cette période, toutes les équipes préparaient intensivement la phase d'aérofreinage, et la NASA avait alors sagement décidé de remettre à plus tard le dépannage de MARIE. A l'heure actuelle, rien ne permet de dire si l'instrument refonctionnera ou s'il est définitivement perdu.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey déploie ses oreilles
[9 février - 19:45] : Le 5 février dernier, la sonde Mars Odyssey a déployé avec succès son antenne grand gain. Cette parabole de 1,3 mètres de diamètre permet à l'orbiteur de communiquer à haut débit avec la Terre. Sans elle, les capacités de communication de Mars Odyssey seraient sérieusement diminuées, et le déploiement était donc crucial pour la réussite de la mission. L'antenne grand gain est mobile sur deux axes, ce qui permet à l'orbiteur de dialoguer avec la Terre tout en maintenant ses instruments scientifiques pointés vers la planète Mars (à chaque instant l'antenne ajuste sa position pour rester calée sur notre planète).
Les ingénieurs sont actuellement en train de vérifier le bon fonctionnement des parties mobiles, ainsi que l'orientation de la sonde pendant les opérations de cartographie. Une fois ces ultimes vérifications effectuées, la mission de Mars Odyssey pourra véritablement commencer.

 

Mas Exploration Rover Athabasca Vallis hors course
[5 février - 21:30] : Athabasca Vallis, l'un des quatre sites d'atterrissage retenus pour les deux rovers martiens de 2003, vient d'être éliminé. Cette vallée située dans la province d'Elysium était pourtant une cible très intéressante, jusqu'à ce que
des études radars menées depuis la Terre démontrent l'extrême rugosité de sa surface. Le remplaçant d'Athabasca n'est autre qu'Isidis, un large bassin d'impact de 1200 kilomètres de diamètre. Une région apparemment très courtisée, puisqu'elle doit déjà recevoir la visite de l'atterrisseur britannique Beagle 2 en décembre 2003 (ce dernier précédant de peu les deux rovers américains). On peut d'ailleurs se demander si la NASA n'a pas fait express de disqualifier la vallée Athabasca pour pouvoir rajouter Isidis sur sa liste. Le retrait d'Athabasca semble encore plus étrange quand on sait qu'un autre secteur bien plus dangereux est encore en lice : Melas Chasma, dans l'immense canyon de Valles Marineris ! La sélection finale n'aura lieu qu'en avril 2002, ce qui laisse encore quelques mois aux scientifiques pour approfondir l'étude des quatre sites candidats (Isidis, Terra Meridiani, Gusev Crater, Melas Chasma) et proposer d'autres rebondissements ...

 

Mars Odyssey Mars Odyssey est à son poste !
[3 février - 21:00] : Le 30 janvier dernier, la sonde Mars Odyssey a rejoint son orbite de cartographie définitive autour de la planète rouge. Les ingénieurs vérifient actuellement les différents systèmes et instruments scientifiques de l'orbiteur. La phase de cartographie proprement dite commencera début février, mais deux spectromètres à neutrons collectent d'ores et déjà des données.

 

SNC Caillasses martiennes : et une de plus !
[25 janvier - 15:00] : Une nouvelle pierre est encore venue s'ajouter à la liste des météorites provenant de Mars ! Il s'agit d'un petit caillou d'environ 10 grammes découvert en Antarctique en 1999. Baptisée GRV 9927, cette météorite a été classée parmi les Shergottites. 

 

SNC Nouvel arrivage de caillasses martiennes
[23 janvier - 22:15] : L'année 2002 commence en beauté, puisque quatre météorites viennent d'être officiellement reconnues comme étant martiennes. Les deux premiers spécimens, Y000593 et Y000749, forment une seule et même paire. Ils appartiennent à la classe des Nakhlites et ont été découverts par une équipe japonaise en Antarctique. C'est la première fois que ce continent livre des Nakhlites. Pesant 13,7 kg, Y000593 est aussi la seconde plus grosse météorite martienne jamais trouvée. La même équipe a également collecté une deuxième météorite de taille plus modeste : dénommée YA1075 et pesant 55 grammes, elle a été classée parmi les Shergottites. La troisième caillasse (une autre Shergottite baptisée Dhofar 378) a été extirpée des sables du désert d'Oman, toujours par des japonais. Enfin, des chasseurs de météorites français (déjà responsables de quelques belles découvertes) ont déniché la quatrième et dernière météorite dans un autre désert chaud, celui du Sahara. "Louise Michel", c'est son nom, est une Shergottite d'un type nouveau. Cette météorite est effectivement très riche en olivine. D'un point de vue géologique, ce n'est donc plus un basalte (comme la plupart des Shergottites), mais une picrite. Ces quatre trouvailles portent désormais à 23 le nombre de pierres en provenance de Mars ramassées sur notre bonne vieille planète.

 

Mars Odyssey Mars Odyssey termine avec succès son aérofreinage
[13 janvier - 17:15] : Le 11 janvier dernier, Mars Odyssey a brillamment conclu son freinage atmosphérique en allumant ses moteurs d'appoints pendant 244 secondes. Cette manœuvre propulsive avait pour but de relever sensiblement l'orbite de la sonde, pour éviter que cette dernière ne continue son dangereux flirt avec l'atmosphère martienne. L'aérofreinage, qui est avec le décollage la phase la plus critique de la mission, consiste à utiliser l'atmosphère de Mars pour freiner la sonde et modifier son orbite. En l'espace de 3 mois, l'orbiteur a plongé à 322 reprises dans la couche d'air ténu qui entoure la planète Mars. Sans cette technique, Mars Odyssey aurait du brûler 200 kilogrammes de carburant pour arriver sur son orbite de cartographie. On imagine donc aisément l'économie que la NASA a réalisé en utilisant l'atmosphère de la planète rouge en lieu et place d'un moteur chimique conventionnel. L'orbite suivie par Mars Odyssey n'est cependant pas encore tout à fait circulaire. Le périapse (point de l'orbite le plus proche de la planète) est à 201 kilomètres de la surface martienne, tandis que l'apoapse (point de l'orbite le plus éloigné de la planète) est situé à 500 kilomètres d'altitude. Au cours des prochaines semaines, les navigateurs font affiner l'orbite pour lui donner sa forme définitive : un cercle presque parfait placé à 400 kilomètres de Mars. Grâce notamment aux compétences acquises avec Mars Global Surveyor, l'équipe responsable du freinage atmosphérique de Mars Odyssey a donc réussi un parcours sans faute. Même si ce n'était qu'une étape dans une mission ambitieuse, l'aérofreinage de ce nouvel orbiteur martien reste une belle prouesse, qu'il convient de saluer. Messieurs de la NASA, chapeau bas !

 

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