La peur de la contamination

Si la première mission de retour d'échantillons - qui ramènera sur Terre quelques centaines de grammes de roches et de sols martiens - est attendue avec impatience par de nombreux scientifiques, il n'en est pas de même pour tout le monde. Des individus de tous horizons (scientifiques, journalistes, amateurs) craignent en effet que les pierres martiennes ne soient porteuses de germes extraterrestres. Une fois arrivés à bon port, ces derniers pourraient se révéler pathogènes pour le genre humain, et dans le pire des cas, décimer toute forme de vie à la surface de notre planète.

Pour empêcher ce scénario catastrophe de devenir réalité, les plus fervents opposants au retour d'échantillons se sont réunis sous la bannière d'une association au nom équivoque : l'ICAMSR, ou comité international contre le retour d'échantillons (International Committee Against Mars Sample Return). On l'aura compris, l'ICAMSR n'a pas d'autres buts que d'empêcher le retour d'échantillons martiens, avant que des études poussées n'aient innocenté la planète rouge d'intentions belliqueuses et confirmé la parfaite stérilité de sa surface.

Pour les membres de ce comité hétéroclite, il faut absolument se livrer à un recensement complet et détaillé de toutes formes de vie potentielles à la surface de Mars, que ce soit des bactéries, des virus, ou d'autres particules plus ou moins inconnues, avant d'entamer une mission de retour d'échantillons. Certes, cette volonté de protéger notre planète contre une invasion extraterrestre est louable. Là où le mat blesse, c'est que les arguments alignés par l'ICAMSR sont la plupart du temps fallacieux.

La quête d'une vie martienne : une tâche incroyablement difficile

Dans sa croisade contre un retour d'échantillons, l'ICAMSR semble oublier un peu trop facilement que la recherche d'une vie à la surface de Mars est une activité incroyablement difficile. Ce comité voudrait faire croire que cette quête peut-être menée par des robots (l'ICAMSR est bien entendu opposé à toute mission humaine avant que l'on ait prouvé la non dangerosité de la biosphère martienne). Or, pour le moment, une détection entièrement automatique est absolument hors de notre portée, et c'est d'ailleurs bien pour cela que les scientifiques souhaitent examiner eux-mêmes des roches martiennes dans leurs propres laboratoires. Songeons simplement à la polémique qui continue d'entourer la fameuse météorite ALH84001. Cette météorite est sans doute la pierre la plus étudiée de toute la planète et pourtant, les scientifiques sont toujours divisés sur la nature des structures microscopiques qu'elle renferme. Certains y voient d'authentiques fossiles martiens, tandis que d'autres réfutent complètement l'origine biologique, ou évoquent une plausible contamination par des microorganismes terrestres.

Il faut avouer humblement que toutes les techniques dont nous disposons à l'heure actuelle pour rechercher des formes de vie sur d'autres planètes sont insuffisantes. Notre compréhension du phénomène vivant s'appuie uniquement sur la vie telle que nous la connaissons sur Terre, et elle devient bien trop limitée lorsqu'il s'agit de détecter des formes de vie inconnues.

Si la recherche d'une vie martienne n'a rien d'une sinécure, que dire de la mise en évidence d'une éventuelle pathogénicité vis à vis d'organismes terrestres ? Ce type d'analyse est infiniment complexe et requière des moyens colossaux pour être menée à bien. Il est utopique de penser que ce genre d'étude pourra être effectuée par des robots - aussi sophistiqués soient-ils - envoyés sur Mars.

L'idée d'une planète sans vie

Outre le fait de prévenir le public et les gouvernements des risques inhérents à un retour d'échantillons, l'ICAMSR essaye également de combattre une vue communément admise à propos de Mars : celle d'une planète sans vie.

En 1976, deux atterrisseurs Viking se sont posés sur Mars pour tenter (entre autre) d'y dénicher des organismes vivants. Chaque Viking était équipé de trois détecteurs biologiques (Pyrolytic Release, Gas Exchange, Labeled Release), qui ont donné des résultats ambigus. Des réactions ont bien eu lieu dans les chambres de culture, mais la majorité de la communauté scientifique s'est empressée de les expliquer par des mécanismes purement chimiques. Le coup de grâce fut asséné par un quatrième appareil (le GC-MS), qui avait été dans l'incapacité de trouver la moindre molécule organique (les briques constitutives de tous les êtres vivants) dans le sol martien.

Pour expliquer pareils résultats, les scientifiques ont fait l'hypothèse que le sol martien était impropre à toute forme de vie. Privé d'eau, baigné par un fort rayonnement ultraviolet et bourré d'agents oxydants comme les peroxydes (des molécules capables de détruire toute matière organique), la surface de Mars était à coup sûr stérile.

Décevante au possible, cette conclusion a cependant un avantage de poids dans le cas de la mission de retour d'échantillons : toutes les précautions que l'on pensait prendre vis à vis des matériaux martiens deviennent effectivement inutiles ! Si Mars est stérile, les scientifiques peuvent légitimement ramener sans trop s'inquiéter ni se poser de questions des échantillons de roches et de sols sur notre bonne vieille planète (comme nous le verrons par la suite, ce raisonnement simpliste est faux, et les protections sont de toute manière indispensables).

Cette vision d'une planète stérile, adoptée officiellement par la NASA, ne fait pas fait l'unanimité, et elle est vigoureusement rejetée par l'ICAMSR, ainsi que par une poignée de scientifiques. Gilbert Levin, le responsable de l'un des détecteurs biologiques (Labeled Release) des Viking, reste convaincu, 25 ans après l'arrivée de ces sondes sur Mars, que son expérience a bel et bien mis en évidence de la vie sur la planète rouge.

Si Levin appartient à l'ICAMSR, ce n'est pas un hasard. L'ICAMSR craint que la NASA ne prenne à la légère la possibilité de l'existence d'une vie martienne. Or, s'il faut reconnaître que l'agence spatiale américaine n'a pas fait preuve d'une grande ouverture d'esprit au temps des Viking et que les nombreuses revendications de Levin étaient légitimes, nos idées sur la vie martienne ont depuis bien évolué. De nombreux scientifiques estiment désormais sérieusement que la planète rouge a pu connaître dans un lointain passé une vie microbienne, et que des écosystèmes peuvent encore aujourd'hui subsister dans certaines niches souterraines.

L'ICAMSR voit d'un bon oeil ce revirement de situation, sans être rassuré pour autant. Pour ce comité, la soi-disant stérilité de la surface martienne est encore une idée trop répandue. Dans un rapport datant de 1998, le conseil national de recherche et d'études spatiales américain (National Research Council and Space Studies Board) affirmait par exemple que les chances de trouver des formes de vie à la surface de Mars avoisinaient le zéro ...

L'ICAMSR rappelle que l'atmosphère terrestre, riche en oxygène, est un milieu très oxydant (à l'instar du sol martien), qui ne gêne pourtant pas le moins du monde nos charmants microbes. De nombreux germes terrestres font également preuve d'une résistance surprenante, et des expériences ont montré que des bactéries méthanogènes pourraient très bien survivre à la surface de Mars. Les travaux de Gilbert Levin sont donc cités comme l'argument clé que la planète rouge n'est peut-être pas aussi désespérément stérile que la NASA le prétend, et qu'il faut intensifier les recherches in situ avant de ramener des cailloux sur notre planète.

Malheureusement, même si elles étaient du domaine du possible, ces analyses in situ n'offriraient de toute façon aucune certitude quant à l'absence d'une vie martienne. Contrairement à ce que l'on entend parfois, si les résultats sont négatifs, on ne pourrait en tirer aucune conclusion : il serait effectivement impossible de savoir si les germes sont effectivement inexistants, ou s'ils ont simplement échappé à la détection !

Pour l'ICAMSR, l'idéal serait de disposer de laboratoires orbitaux, éventuellement implantés sur la lune Phobos, pour télécommander en temps réel des robots. De tels postes avancés permettraient d'étudier en détail l'environnement martien, sans être gêné par l'important délai de transmission qui existe entre la Terre et Mars. Si des formes de vie sont découvertes, elles seront rapatriées dans les laboratoires orbitaux, ou les chercheurs étudieront leurs interactions avec les écosystèmes terrestres. Les spécimens ne seront envoyés vers la Terre que si leur innocuité vis à vis de la biosphère terrestre est prouvé. Malheureusement, une telle infrastructure coûterait une fortune, et sa mise en oeuvre est tout bonnement irréalisable à l'heure actuelle.

Mars Attack !

En admettant que la planète rouge héberge des formes de vie microbiennes, et que ces dernières soient malencontreusement ramenées sur Terre par des sondes robotiques, quels sont les risques pour la civilisation ?

Le spectre d'une contamination extraterrestre a été (et reste encore) un sujet de prédilection pour de nombreux auteurs de science-fiction. Dans son roman "la variété andromède", Michael Crichton décrit les ravages causés sur Terre par un agent microbien venu de l'espace.

Ce scénario catastrophe repose sur une interaction possible entre des êtres terrestres et un germe extraterrestre. Or ce genre d'interactions ne va pas forcément de soi. Le corps humain est en permanence menacé par toutes sortes de microorganismes nocifs, sans que la situation soit critique pour autant. Au fil de l'évolution biologique, de nombreux mécanismes particulièrement efficaces ont été mis en place pour lutter contre ces infatigables envahisseurs. Le système immunitaire d'un être humain est une formidable machine de guerre, qui peut venir à bout des germes les plus pathogènes. Dès qu'un agent étranger parvient à franchir les premières barrières de protection (comme la peau ou les muqueuses), il est immédiatement identifié comme présence indésirable. S'il parvient à échapper aux premières escouades de macrophages et autres cellules dévoreuses de microbes, le système immunitaire effectuera des attaques d'une précision chirurgicale en ayant recourt aux anticorps. De plus, la machinerie immunitaire est également douée de mémoire, ce qui lui permet de réagir beaucoup plus efficacement lorsqu'elle est de nouveau mise en présence d'un hôte indésirable.

Si nous tombons encore malade, et si des germes de quelques microns parviennent encore à saper un édifice aussi complexe qu'un être humain, c'est simplement parce que ces derniers ont aussi profité de l'évolution pour s'adapter à notre système de protection. Les germes les plus dangereux sont ceux qui ont pu se frotter à de multiples reprises à nos défenses immunitaires, et qui ont alors développé des stratégies pour le combattre ou le tromper.

L'évocation des ruses mises en place par les bactéries ou les virus pour forcer les défenses du corps humain dépasse le cadre de ce dossier, mais sachez que certains sont diablement retords pour parvenir à leur fin. Prenons par exemple le virus du SIDA, qui a compris que l'attaque était la meilleure des défenses. Ce petit rusé, dont on connaît les ravages, parasite effectivement les globules blancs, c'est à dire les cellules qui ont justement pour rôle de le détruire ! Pour conclure, nous retiendrons simplement que les agents pathogènes létaux sont souvent parfaitement adaptés à leurs hôtes.

Si des organismes extraterrestres sont effectivement apparus sur Mars, ils ont théoriquement évolué indépendamment des organismes terrestres. En débarquant sur Terre, et faute de présenter une connaissance suffisamment intime des mécanismes de défense des organismes terrestres, les martiens ont donc de fortes chances de se faire ratiociner en beauté. Autrement dit, par rapport aux germes terrestres, les germes martiens seraient de véritables bleus !

Personne n'a mieux décrit cette idée de la faiblesse inéluctable d'organismes étrangers face aux microbes terrestres que Herbert George Wells dans la guerre des Mondes :

"Car tel était le résultat, comme j'aurai pu d'ailleurs, ainsi que bien d'autres, le prévoir, si l'épouvante n'avait pas affolé nos esprits. Les germes des maladies ont, depuis le commencement des choses, prélevé leur tribut sur l'humanité - sur nos ancêtres préhistoriques, dès l'apparition de toute vie. Mais, en vertu de la sélection naturelle, notre espèce a depuis lors développé sa force de résistance; nous ne succombons à aucun de ces germes sans une longue lutte, et contre certains autres - ceux, par exemple, qui amènent la putréfaction des matières mortes - notre carcasse vivante jouit de l'immunité [...] Quand je les avais vus et examinés [les Martiens], ils étaient déjà irrévocablement condamnés, mourant et se corrompant, à mesure qu'ils s'agitaient. C'était inévitable. L'homme a payé, au prix de millions et de millions de morts, sa possession héréditaire du globe terrestre : il lui appartient contre tous les intrus, et il serait encore à lui, même si les Martiens étaient dix fois plus puissants."

La peur de l'inconnu

En psychologie, on distingue la peur de l'angoisse. Lorsqu'un individu ressent de la peur, cette dernière est habituellement provoquée par un élément clairement identifié. Un homme peut avoir peur de l'eau, du vide, ou de la foule. Dans tous les cas, pour faire disparaître la peur, il suffit de faire disparaître l'élément qui l'a généré. A l'opposé, l'angoisse est une peur provoquée par un élément inconnu, impalpable. Le facteur déclenchant étant inconnu, il est par nature impossible de le faire disparaître, et l'angoisse est donc une émotion bien plus traumatisante et désagréable que la simple peur.

Plutôt que de parler de la peur d'une contamination martienne, on devrait parler d'angoisse. C'est justement parce que les formes de vie qui pourraient être tapies dans les anfractuosités de la surface martienne sont inconnues qu'elles sont terrifiantes. On a beau évoquer la souplesse et l'efficacité redoutable de notre système immunitaire, l'évocation d'un germe inconnu donne toujours des frissons dans le dos. Après tout, qui sait ce dont les microorganismes martiens pourraient être capables ?

Même s'il est raisonnable de craindre l'inconnu, il faut aussi rappeler que nous sommes parfois exposés à des souches bactériennes ou virales nouvelles, apparues par simple mutation, ou apportées au contact de l'air par accident. A l'occasion de forages profonds, les microbiologistes mettent quelquefois la main sur des germes qui n'ont pas été en contact avec les écosystèmes actuels depuis des dizaines, voire des centaines de millions d'années. Ces véritables ancêtres microbiens ont traversé le temps emprisonnés dans un cristal de sel, un fragment de glace ou un morceau d'ambre. D'autres sommeillent dans des réservoirs souterrains d'eau ou de pétrole. Il est certain qu'une fois ramené à la surface, ces microbes du passé sont revenus à la vie et ont commencé à explorer leur nouveau milieu. Pourtant, ces germes "préhistoriques" n'ont encore déclenché aucune épidémie ...

De la même manière, la célèbre station spatiale MIR a du héberger de nombreux mutants. Apportés par les cosmonautes et situés hors du bouclier protecteur de l'atmosphère terrestre, ces germes d'origine terrestre ont été exposés à des doses non négligeables de radiations, qui ont du provoquer de nombreuses mutations. Pourtant les cosmonautes qui séjournaient là-haut n'ont pas été soumis à une période de quarantaine une fois redescendu sur Terre, et aucun n'a été la proie d'une bactérie victime d'une horrible mutation. De plus, la station MIR a fini sa brillante carrière en brûlant dans l'atmosphère martienne, et il est pratiquement certain que des cellules plus coriaces que d'autres ont résisté à la rentrée atmosphérique. Pourtant, aucune masse organique visqueuse et dégoûtante (dans le genre Blob 1 ou Tanit 2) n'est en train de se contorsionner dans la zone d'impact, en plein océan pacifique ...

Un appétit gargantuesque

Selon certains membres de l'ICAMSR, les microbes martiens pourraient parfaitement dévaster la biosphère terrestre sans rentrer en confrontation directe avec les organismes terrestres. Pour provoquer un véritable désastre écologique, ils auraient simplement à rentrer en compétition avec les organismes terrestres pour la nourriture. Dans ce scénario, des microbes gloutons dévoreraient toutes les substances organiques qui passeraient à leur portée, empêchant ainsi des maillons vitaux de la pyramide alimentaire (comme le plancton) de se nourrir. Cette dernière finirait par s'effondrer, minée par la fringale infernale des germes martiens.

Encore une fois, face à un germe inconnu, on ne peut absolument rien prévoir, mais ce scénario semble quelque peu fantasmagorique. Dans des conditions optimales (milieu de culture adéquat, température de 37°C, humidité), une bactérie comme Escherichia Coli met seulement 20 minutes pour se diviser. Toutes les 20 minutes, la population bactérienne double donc. Un rapide calcul montre que si la population bactérienne pouvait continuer à se reproduire à ce rythme soutenu, toute la surface de notre globe serait rapidement couverte au bout de quelques jours par une épaisse couche de biomasse bactérienne. Escherichia Coli est une bactérie très commune (qui prolifère même dans notre tube digestif), mais malgré ses étonnantes possibilités de reproduction, elle est loin d'avoir envahie notre planète. La biosphère terrestre est un système d'une incroyable complexité, et il est peu probable qu'un micro-organisme, aussi puissant soit-il, puisse un jour arriver à étendre sa dictature à l'ensemble de notre globe.

Voyage sur le dos des météorites

Un point bien particulier doit être pris en compte lorsque l'on examine les éventuelles possibilités de contamination de la biosphère terrestre par des agents martiens. La planète Terre et la planète Mars sont loin d'être des systèmes isolés. On sait aujourd'hui que des échanges considérables de matières ont eu lieu entre ces deux planètes au cours des temps géologiques, et que ces échanges continuent encore aujourd'hui. Des études récentes ont de plus montré que des microorganismes peuvent très bien survivre aux événements violents qui accompagnent un transfert interplanétaire (éjection de la planète d'origine et rentrée atmosphérique). De la même manière, certains microorganismes terrestres ont développé une telle résistance aux radiations qu'ils pourraient sans problème supporter un voyage interplanétaire.

Des météorites martiennes ont déjà été ramassées sur Terre, et chaque année des fragments de la planète rouge continuent de s'abîmer sur notre globe. Si des formes de vie ont existé ou existent encore sur Mars, elles sont donc probablement chez nous depuis déjà belle lurette. Si l'on pousse à l'extrême ce raisonnement, on peut tout à fait envisager que la vie terrestre soit apparue en premier lieu sur Mars, il y a de cela des milliards d'années. A cette époque reculée, les conditions devaient effectivement être plus favorables sur Mars que sur Terre. Lorsque l'environnement a fini par se dégrader sur la planète rouge, la vie a émigré sur Terre en profitant du flux de météorites.

Cette hypothèse - le flux météoritique martien aurait déjà apporté d'éventuels germes extraterrestres sur notre planète - semble être un argument massue contre les craintes évoqués par l'ICAMSR. Pourtant Barry DiGregorio - fondateur de ce comité et auteur du livre "Mars: The Living Planet" - pense que l'on se méprend sur l'interprétation qu'il faut donner aux pluies de météorites martiennes. Selon lui, on devrait justement se méfier comme de la peste de ces cailloux spatiaux. Pour DiGregorio, si les météorites et astéroïdes sont certainement la cause des grandes extinctions, ce n'est pas seulement à cause des effets dévastateurs des impacts contre notre planète : ces fragments rocheux auraient très bien pu transporter avec eux des germes hautement pathogènes, et les holocaustes massifs qui jalonnent l'histoire des temps géologiques (extinction du permien, extinction du crétacé/tertiaire) seraient alors à mettre à leur crédit !

On le voit, l'ICAMSR n'est pas à court d'idées pour défendre ces idées. Le problème, c'est que les arguments présentés ne reposent souvent sur aucune base scientifique, et qu'ils sont plus des spéculations qu'autre chose ...

Une mission sécurisée au maximum

Malgré son parfum de science-fiction, le risque d'une éventuelle contamination par des entités microscopiques martiennes est pris très au sérieux par les agences spatiales. Des mesures drastiques, que nous allons présenter, seront prises tout au long de la mission de retour d'échantillons pour éviter une pollution de la biosphère terrestre.

Avant d'être propulsés en orbite martienne par le véhicule de remontée, les échantillons auront été placés dans une sphère métallique qui sera hermétiquement scellée par des cordons pyrotechniques. Sous l'effet de la chaleur, le métal rentrera en fusion, exactement comme si une soudure manuelle était pratiquée.

La phase la plus critique de la mission est cependant le retour sur Terre. L'orbiteur, qui transporte les échantillons, ne sera pas initialement dirigé vers notre planète. Bien au contraire, sa trajectoire aura été calculée pour éviter cette dernière. Si l'on s'aperçoit que le scellement du container est défectueux et que l'ensemble n'est plus étanche, l'orbiteur sera laissé sur sa trajectoire d'évitement et les échantillons termineront leur séjour dans l'espace. C'est seulement si les données en provenance de l'orbiteur sont rassurantes quant aux confinements des échantillons que la décision de rentrée sera prise. L'orbiteur effectuera alors une manœuvre qui le placera sur une trajectoire de collision directe avec notre planète. Il larguera vers la Terre une petite capsule de rentrée contenant les échantillons, avant d'effectuer une nouvelle manœuvre pour s'éloigner sur une orbite solaire.

Pour éviter qu'une défaillance technique n'aboutisse à une pollution de la Terre, l'étape de rentrée atmosphérique sera simplifiée au maximum. La capsule ne comportera pas de mécanismes qui seraient susceptibles de tomber en panne, comme un système de guidage, un parachute (qui peut se mettre en torche) ou des rétrofusées. De manière à protéger son précieux chargement, elle sera garnie d'une couche de 30 centimètres d'un matériau déformable (mousse de carbone) dont le rôle sera d'absorber les chocs au moment de l'impact avec la surface terrestre. Elle sera également dotée d'un bouclier thermique conique pour la traversée de l'atmosphère et d'un émetteur radio pour faciliter son repérage. Une fois la capsule localisée par des équipes au sol, les échantillons seront immédiatement placés dans un laboratoire mobile de haute sécurité (protection de niveau 4, plus couramment appelé P4) avant d'être transporté en moins de 24 heures dans un laboratoire P4 permanent.

Le déroulement du retour sur Terre tel que nous venons de le présenter n'a pas vraiment rassuré l'ICAMSR. Sans système actif de guidage, il est tout à fait possible que la NASA perde la capsule et son précieux contenu. Une mauvaise trajectoire, et le container pourrait facilement disparaître dans les profondeurs océaniques, ou dans les sables d'un désert continental. De même, un crash est un crash, et même si celui de la capsule est "contrôlé", rien ne dit que cette dernière résistera effectivement à la violence de l'impact avec la surface terrestre. Il suffirait d'une corrosion du métal, ou d'une microfissure pour que quelques microorganismes martiens puissent prendre la poudre d'escampette ...

Dans le domaine spatial, tout peut effectivement arriver, comme l'a parfaitement démontré la mission Genesis. Le 8 septembre 2004, après 3 années de voyage dans l'espace, la petite capsule Genesis devait ramener sur Terre sa précieuse cargaison, des particules solaires piégées par des capteurs ultra purs en diamant, saphir, or, germanium, aluminium et silicium. Il s'agissait des premiers matériaux extraterrestres jamais collectés au-delà de la Lune. Pour éviter toute contamination de ses échantillons, la sonde devait être capturée en plein vol par un hélicoptère muni d'un grappin. Malheureusement, au cours de sa descente, les parachutes ne se sont pas ouverts et la capsule a violemment percuté la surface sableuse du désert de l'Utah à une vitesse de 310 km/h. Sous le choc, la capsule s'est enfoncée de moitié dans le sol tel un frisbee et s'est brisée, exposant son contenu à l'air. Rien ne laissait présager une fin aussi dramatique, la mission s'étant déroulée à la perfection, depuis son lancement jusqu'à la rentrée atmosphérique.

L'ICAMSR estime également que d'éventuels microbes martiens pourraient, confortablement logées dans les aspérités du bouclier thermique, survivre à l'intense chaleur dégagée pendant la rentrée atmosphérique. Sur Mars, la partie externe du container d'échantillons sera effectivement exposée à l'air libre. Des microorganismes, emprisonnés dans des particules d'oxydes de fer (qui abondent à la surface de Mars), pourraient alors parfaitement adhérer à la surface métallique du container, avant de se retrouver on ne sait trop comment sur la capsule de rentrée.

La NASA et le CNES étudient donc des alternatives pour faire revenir avec un niveau de sécurité maximal les échantillons martiens. La capsule et sa précieuse cargaison pourraient par exemple être récupérée en orbite par la navette spatiale, après l'insertion de la capsule sur une orbite terrestre assez haute (pour éviter tout risque de rentrée à court terme). La navette serait pour l'occasion équipée d'un compartiment durci installé dans sa soute. Tout comme la boite noire d'un avion, cette sorte de coffre fort serait conçu pour résister au pire, c'est à dire au crash du véhicule spatial. Ce scénario amène cependant une contrainte majeure : pour se placer en orbite, la capsule va devoir consommer beaucoup plus de carburant que pour une rentrée directe, même si l'on fait alors l'économie du lourd bouclier thermique, du parachute et du dispositif d'amortissement des chocs. Il faudrait alors envisager l'utilisation d'un moteur ionique pour la phase de retour.

On s'en doute, l'option "navette spatiale" est aussi critiquée par l'ICAMSR : l'efficacité du compartiment blindé installé dans la soute n'est pas prouvée en cas de crash ou d'explosion ... Pour ce comité, un compromis acceptable serait de faire accoster la capsule à la station spatiale internationale et d'analyser les roches martiennes à bord du laboratoire orbital, le retour sur Terre n'intervenant que dans un deuxième temps, si les échantillons sont jugés sans danger. L'idée est malheureusement aussi séduisante qu'utopique. Malgré la très haute technicité de la station spatiale internationale, les analyses effectuées là-haut seront forcément superficielles, et elles ne pourront en aucun cas rivaliser avec celles conduites sur le plancher des vaches. Les analyses préliminaires, qui devront jauger de la dangerosité des pierres martiennes, nécessiteront justement les instruments les plus sophistiqués dont disposent actuellement les chercheurs, ce qui les mettent hors de portée des petits laboratoires de l'ISS.

Notons de plus que si les échantillons se révèlent dangereux, la station entière devrait alors être considérée comme zone contaminée. Dans ce cas, il faudra empêcher coûte que coûte la rentrée atmosphérique du complexe orbital, lorsque ce dernier sera arrivé à la fin de sa carrière. Il ne sera plus question, comme pour la station MIR, de précipiter les différents modules dans l'atmosphère. Or le maintien en orbite de cet encombrant assemblage aurait un coût titanesque, pour ne rien dire de son envoi aux confins du système solaire ...

Si l'ICAMSR est férocement opposé à l'analyse sur Terre des échantillons martiens, la moindre fuite pouvant prendre des dimensions catastrophiques, ce comité oublie encore une fois un peu vite que plusieurs laboratoires de haute sécurité sont situés à proximité des grandes villes (comme celui de la fondation Mérieux à Lyon). Dans ces véritables forteresses biologiques érigées à côté d'importantes populations, des chercheurs en armures y côtoient les germes les plus délétères de notre planète. Or, jusqu'à présent, cette situation légitimement inquiétante n'a jamais provoqué la moindre vague de psychose (même si la terrible réalité du bioterrorisme pourrait cependant changer la donne).

Le retour d'échantillons présente t-il réellement un risque ?

Pour Robert Zubrin, le président de la Mars Society et l'auteur du scénario "Mars Direct", le risque de contamination de la Terre par des organismes martiens est nul, et s'y intéresser est une véritable perte de temps. Au mois de septembre 2001, lors du premier congrès européen de la Mars Society, j'ai assisté à une conférence donnée par un scientifique du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) sur les mesures de protection planétaire qui seront appliqués au cours de la mission de retour d'échantillons. A la fin de la conférence, Robert Zubrin, présent dans la salle, a qualifié ces mesures d'impossibles, d'indécentes et d'irrationnelles. Impossibles, parce que l'on ne pourra jamais assurer à 100 % la non contamination de la Terre par des roches martiennes. Indécentes, parce que l'on risque de dépenser des sommes folles pour quelque chose qui est fondamentalement impossible. Irrationnelles, parce que des météorites martiennes ont d'ores et déjà contaminé la Terre.

Devant un tel radicalisme, le conférencier ne s'est pas démonté. Il a reconnu que les moyens de protection planétaire qui seront mis en oeuvre dans la mission de retour d'échantillons ne seront jamais efficaces à 100 %, mais que ce point n'était finalement pas le plus important. Depuis des milliards d'années, notre planète subit effectivement un bombardement de la part de Mars, et chaque projectile qui nous atteint est potentiellement porteur de germes extraterrestres. Lors du retour d'échantillons, quelques roches supplémentaires arriveront sur Terre. Mais à la différence de celles généreusement offertes par la Nature, ces roches là auront été transportées par l'Homme. Les institutions et les gouvernements qui prendront part au retour d'échantillons auront donc une responsabilité vis à vis de l'Humanité. Et c'est au nom de cette responsabilité que le maximum de précautions devront être prises lors du retour d'échantillons.

Il est important de rappeler que les mesures de protection planétaires sont de toutes façons indispensables pour le retour d'échantillons. Les sondes qui évolueront en surface devront impérativement être stérilisées du mieux possible, pour éviter non seulement une éventuelle contamination d'un écosystème martien par des organismes terrestres, mais aussi des résultats faussement positifs pour les expériences d'exobiologie (la présence de bactéries terrestres sur Mars pourraient effectivement fausser de nombreuses mesures). Deuxièmement, il faudra aussi absolument éviter que les échantillons martiens soient placés au contact de l'environnement terrestre. Il s'agit bien sûr d'éviter une contamination de la biosphère martienne par d'éventuels martiens agressifs, mais aussi d'empêcher une pollution chimique ou biologique des échantillons par des agents terrestres (qui ôterait alors toute valeur scientifique aux cailloux martiens).

Conclusion

Sur la page d'accueil de son site Internet, l'ICAMSR trace un parallèle entre la possible invasion de la Terre par des martiens et des exemples de populations décimées suite à l'importation de germes exotiques. Pour ma part, je pense que ce rapprochement est douteux, et qu'il est aussi inutile que dangereux de tomber dans une psychose en invoquant un nouveau "péril rouge".

Si l'attitude qui consiste à négliger purement et simplement le risque d'un retour d'échantillon est inacceptable, il convient également de ne pas se laisser emporter par la passion. Quelque soit notre niveau technologique, le risque zéro n'existe pas devant des organismes microbiens. La seule manière de procéder est de mettre tout en oeuvre pour empêcher les échantillons de souiller notre planète (et vice versa), et de prévenir le public des risques inhérents à un retour d'échantillons. Fort heureusement, c'est justement dans cette direction que travaillent les agences spatiales impliquées dans cette audacieuse mission.

Quant à moi, je pense que ceux qui voient la planète rouge comme une ultime boite de pandore sont quelque peu hypocrites. Pour ce qui est d'anéantir la vie sur Terre, il n'est nul besoin de lorgner du côté de Mars. Nous avons effectivement tout ce qu'il faut sur notre propre planète ...

1 Hilarant film de série B sorti en 1988 et réalisé par Chuck Russell.
2 Lire "Le mystère de l'inquisiteur Eymerich", de l'excellent Valerio Evangelisti.

Pour en savoir plus :

Go ! La mission de retour d'échantillons
Go ! Chroniques martiennes : La fin de Genesis, ou le pire cauchemar d'un retour d'échantillon
Go ! Chroniques martiennes : Le transport de bactéries entre les planètes serait possible.
Go ! Chroniques martiennes : L'élément corrosif du sol martien enfin identifié ?
Go ! Chroniques martiennes : La vie martienne aurait pu échapper aux sondes Viking.
Go ! Liste de liens concernant le retour d'échantillons (page de bibliographie).

Aliens martiens

Y a-t-il quelque chose de vivant à la surface de Mars ? Depuis des décennies, les hommes ne cessent de se poser cette question. Toutes les études que nous avons effectué jusqu'à présent tendent à montrer qu'aucun organisme supérieur (comme ces hideuses créatures sorties de l'imagination d'un artiste) ne vit là bas. Des formes microscopiques, beaucoup plus proches des bactéries que des petits hommes verts, pourraient cependant exister sur la planète rouge. Pour certains scientifiques, ces microbes martiens représenteraient un danger pour la biosphère terrestre. Ramenées sur Terre (par exemple lors d'un retour d'échantillons), les bestioles martiennes pourraient se montrer aggressives et provoquer une véritable catastrophe écologique. Cette peur d'une invasion extraterrestre en provenance de l'espace, largement popularisée par bon nombre films et romans de Science-Fiction, doit-elle être ou non prise au sérieux ? (Crédit photo : Michael Whelan).

Le cratère Fesenkov

Mars il y a 3,5 milliards d'années. Un Soleil ténu éclaire d'une lumière froide le cratère d'impact Fesenkov, une vaste dépression de 86 km de diamètre. Sur cette vue d'artiste, le cratère a donné naissance à un lac, et les rayons solaires se reflètent sur des eaux calmes. Si la planète rouge a connu dans un lointain passé des conditions similaires à celles de notre planète, il est possible que des formes de vie aient pu s'y développer. Depuis, Mars a changé de visage et la planète n'est plus qu'un vaste désert glacial et aride. Ces modifications radicales du climat martien ont-elles sonné le glas des microorganismes martiens, ou ces derniers se sont-ils arrangés pour survivre jusqu'à aujourd'hui, en attendant patiemment le moment de conquérir un autre monde ? (Crédit photo : Kees Veenenbos).

Gilbert Levin

Gilbert Levin, l'investigateur principal de l'expérience Labeled Release, est aujourd'hui le président de BioSpherix, une société qu'il a fondé. Plus de 25 ans après l'atterrissage des sondes Viking, ce chercheur défend vigoureusement la thèse de l'existence de microorganismes martiens à la surface de la planète rouge (Crédit photo : BioSpherix).

Données de l'expérience Labeled Release (Viking1, cycle 1)

Données de l'expérience Labeled Release (Viking 1), pour le cycle n°1 (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Pour Gilbert Levin, cette courbe montre que le sol martien est biologiquement actif (Crédit photo : NASA/JPL).

Météorite martienne

La mission franco-américaine de retour d'échantillon a pour but de ramener environ 1 kg de roches et de sols martiens sur Terre. Selon certains individus, ces fragments de la planète Mars pourraient transporter des microorganismes extraterrestres, et le retour d'échantillons fait donc courir un risque à l'Humanité (Crédit photo : CNES).

Un astéroide Amor

Un astéroïde de la classe Amor croise au-dessus du pôle sud de Mars. Depuis des milliards d'années, un échange intensif de matériau a eu lieu entre Mars et la Terre par le biais des météorites. On estime que plusieurs centaines de kilogrammes de caillasses martiennes s'abattent chaque année sur Terre. De nombreuses études ont montré que des microorganismes peuvent parfaitement survivre aux évènements traumatisants du trajet Mars - Terre (éjection depuis la surface de Mars lors d'un impact, voyage dans le milieu spatial, traversée de l'atmosphère terrestre). Pour bien des chercheurs, si des microbes martiens existent, cela fait belle lurette qu'ils ont rendu visite à leurs homologues terriens ! (Crédit photo : David Hardy).

Face aux dangers inconnus de la surface martienne, l'ICAMSR recommande de continuer les détections in-situ de formes de vie (identification de microorganismes, tests de pathogénicité) avant de se lancer dans une mission de retour d'échantillons. C'est oublier que ces études robotisées sont bien au-delà de nos possibilités actuelles (Crédit photo : ESA/Medialab).

La varieté Andromède, de Michael Crichton

Dans son roman "la variété Andromède", Michael Crichton (un auteur assez décrié qui a pourtant produit d'excellents livres) décrit de façon terrifiante l'arrivée sur Terre d'un agent microbien sorti des froides profondeurs de l'espace. Désireux de développer des armes bactériologiques novatrices, le gouvernement américain lance un programme (nom de code Scoop) pour collecter des agents pathogènes extraterrestres. Quelques années plus tard, un satellite Scoop s'écrase pour une raison inconnue à proximité de la ville de Piedmont, au nord-est de l'Arizona. Alertés, les militaires se rendent sur place et transportent ce qui reste du satellite dans un laboratoire de haute sécurité, enterré sous le désert du Nevada. Mais sur les fragments métalliques encore chauds et fumants s'active déjà un germe aux capacités dévastatrices, que rien ne va pouvoir stopper ... (Crédit photo : droits réservés).

Amerissage d'Apollo 11

Le 24 juillet 1969, la capsule d'Apollo 11 amerrit au beau milieu de l'océan pacifique. Après avoir revêtu des combinaisons d'isolation biologique, l'équipage sera récupéré par une équipe de plongeurs, puis transféré par hélicoptère jusqu'au navire de guerre USS Hornet. Les trois hommes, ainsi que les échantillons lunaires qu'ils ont collecté, seront placés en quarantaine. Lors des missions Apollo, personne ne savait avec certitude si le sol lunaire était stérile, ou s'il abritait au contraire des myriades de petits sélénites. Malgré les efforts mis en oeuvre pour éviter toute contamination, certaines personnes estiment toujours que ces missions présentaient un risque majeur pour la biosphère terrestre. Il aurait effectivement suffit d'une seule cellule pour provoquer une catastrophe écologique : en ouvrant le sas de la capsule Apollo, les plongeurs lui auraient permis de s'échapper à l'air libre, avant de rentrer en contact avec les eaux océaniques nourricières... (Crédit photo : NASA).

Au beau milieu d'une zone "chaude"

Engoncé dans une combinaison de protection intégrale, le colonel Sam Daniels (Dustin Hoffman, à droite) se déplace prudemment au beau milieu d'un nid africain d'Ebola. Si le film Alerte (1995) jouait forcément la carte du spectaculaire, il donnait également une bonne idée des moyens de protections utilisés par les microbiologistes pour la manipulation de germes hautement pathogènes (Crédit photo : droits réservés).

La guerre des Mondes

Une scène de la guerre des Mondes de H.G. Wells. Dans une rue de Londres, des survivants découvrent avec effarement les terrifiantes machines de guerre des Martiens. Ceux-ci, recroquevillés aux commandes, sont morts subitement, terrassés par les plus communs des microbes terrestres (Crédit photo : Alvim Correa).

Les échantillons au voisinage de la Terre

Lorsque les échantillons parviendront au voisinage de la Terre, l'étanchéité du container sera vérifiée. Si la moindre fuite est suspectée, l'orbiteur continuera sur une orbite solaire au lieu d'être dirigé vers la planète Terre (Crédit photo : Pat Rawlings).

La capsule Genesis

"Negative drogue, negative chute, expect an impact. We have impact !" Tels sont les mots qui ont accompagné la descente de la capsule Genesis lors de son retour sur Terre. Le 8 septembre 2004, celle-ci s'écrase avec sa précieuse cargaison de particules solaires dans le désert de l'Utah, suite à l'absence de déploiement de ses deux parachutes. Des accéléromètres, qui devaient déclencher l'ouverture de ces derniers, avaient été montés à l'envers (Crédit photo : NASA/JPL).

Station Spatiale Internationale (ISS)

Pour éviter une contamination de la Terre, certaines personnes défendent l'idée d'analyser les échantillons martiens à bord de la station spatiale internationale. Malheureusement, ce type d'analyse nécessite toute la puissance des meilleurs instituts de recherches terrestres, et reste hors de portée des petits laboratoires du complexe orbital (Crédit photo : NASA).

Le crash de la navette spatiale Columbia

Selon certaines personnes, le retour direct d'échantillons martiens dans une petite capsule n'offrirait pas un nombre suffisant de garanties. Pour sécuriser au maximum l'étape du retour sur Terre, la navette spatiale pourrait être mise à profit. Les échantillons, initialement délivrés sur la station spatiale internationale à des fins d'analyse, seraient ensuite redescendus sur Terre (une fois leur innocuité prouvée) grâce au vaisseau spatial américain, jugé plus sûr qu'une capsule. La désintégration de Columbia le 1er février 2003 à 60 kilomètres d'altitude a cruellement rappelé que le risque est intimement lié aux activités spatiales, et que la navette, de part sa complexité, ne constitue pas loin s'en faut une solution miracle (Crédit photo : droits réservés).

Sonde soviétique martienne (M69)

Dans le but d'éviter une destruction des fragiles écosystèmes extraterrestres pouvant subsister sur les planètes du système solaire par des organismes terrestres, les sondes spatiales (surtout celles destinées à se poser) doivent impérativement être stérilisées. En octobre 1958, un organisme international, le COSPAR, établit les premières règles de protections planétaires. Contraignantes d'un point de vue technique et exaspérantes d'un point de vue financier, ces règles seront inégalement respectées, quand elles ne sont pas tout simplement ignorées. Peu concerné par la problématique de la contamination (qui ne pouvait que les ralentir dans la course à l'espace), les soviétiques ont probablement fait l'économie d'une stérilisation de leurs premières sondes martiennes (prétextant que de toute façon, ces dernières n'étaient pas destinées à se poser !). Au mois de mai 1965, les soviétiques perdent tout contact avec l'orbiteur Zond 2, confirmant ainsi les pires craintes des exobiologistes américains. Personne ne sait avec certitude ce que Zond 2 est devenue, mais certains estiment qu'elle a fini sa course en percutant la surface martienne le 6 août 1965. Il est donc tout à fait possible que la planète Mars soit déjà polluée, alors que l'homme n'y a pas encore mis les pieds ! (mais polluer n'est-elle pas l'une de nos nombreuses spécialités ?) (Crédit photo : droits réservés).

 

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